L’Ombre

Simulation 2.0

(Ant-Zen / La Baleine)

 date de sortie

00/10/2004

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 écouter

3 MP3 (extraits)

 tags

Ant-Zen / Displacer / Electronica / Enduser / L’Ombre / Mimetic

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L’allemand Stefan Alt n’a pas abandonné les musiques électroniques pour l’électro-rock, lui ! Le boss de Ant Zen et sa sous-division electronica groove n’ break déviant, Hymen, continu de produire des disques inattendus dans le domaine de l’électronique pure, tout en lui donnant une dimension toujours plus organique et cinématique - à l’image des sublimes pochettes digipack du label qu’il réalise lui-même.

Exemple avec cet opus de L’Ombre alias Stephen Sawyer, de l’electronica futuriste, comme on aime à en produire chez Ant-Zen. Simulation 2.0 est le deuxième volet d’une série (?) initiée l’an dernier. Notons également que ce producteur mystérieux nous avait gratifiés, il y a deux ans, d’un Medecine for The Meaningless. Premier album des plus envoûtant, dans le genre ambiant-electronica glacé tout juste recouvert d’un givre de piano, dont les résonances mélancoliques n’étaient pas sans rappeler Erik Satie rencontrant un Squarepusher assagie. Simulations 1.0, "prequelle" de l’album ici chroniqué, se voulait beaucoup plus accessible. Stephen Sawyer y abandonnait l’ambiant anorexique un rien rigoriste de Medecine… pour des constructions limpides soutenues par une rythmique imparable tout en restant ambiant. Côté décors, il décidait de laisser tomber les grands espaces désertiques, pour plonger dans le grouillement de la matrice cybernétique et explorer les fantasmes urbains qui l’accompagnent.

Un revirement de fond, qui se fait encore sentir aujourd’hui dans Simulation 2.0. Une initiative que nous ne pouvons que saluer, tant le résultat en vaut la peine. En effet, les deux albums – qui peuvent être pris ensemble comme séparément - marque le prolongement des travaux de Sawyer sur le rythme. Là où Simulation 1.0 était une longue promenade virtuelle où downtempo implacables et montées paroxystiques se côtoyaient dans une profusion d’atmosphères, Simulation 2.0 évoque plutôt un croisement entre dancefloor extraterrestre et musiques cinématiques. Tout comme son comparse de label, Jeff McIlwain de Lusine ICL, Sawyer s’illustre réellement, dans ce genre de musique narrative. Ses albums évoquant tout autant la science-fiction d’un Blade Runner, que les brusques montées de tension de la techno post-industrielle la plus rigide.

C’est donc avec curiosité que l’on aborde cette version 2.0 de Simulation où le jeune producteur semble avoir encore repoussé les limites de son art en proposant des ambiances plus que variées, puisqu’il s’entoure ici de nombreux compagnons d’armes. Sont invités, S.Cage, Abe Ovo, Hecq, Enduser, soit la crème de l’electronica post-industrielle chère à Ant Zen. Autant dire que l’album est une réussite d’autant plus éclatante que les tracks de Sawyer gagnent en puissance et en lisibilité au fil des remixes. 7 nouveaux morceaux dans la veine breakbeat urbain et electronica qu’il affectionne, grosses rythmiques et glitch à l’avenant et 6 remixes, entre ambiant et drill’n’bass, de quoi enthousiasmer les plus gourmands – et les plus curieux - d’entre vous.

Maxence Grugier
le 21/10/2004

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