Lusine

Serial Hodgepodge

(Ghostly International / Import)

 date de sortie

30/11/2004

 genre

Electronique

 style

 appréciation

 écouter

9 MP3 (dont 1 complet)

 tags

Ghostly International / Lusine / Lusine ICL

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Ce cinquième véritable album de Jeff McIlwain (qui a calmé le rythme de parution de ses long-formats, le dernier - hormis la compilation Condensed - remontant à une trentaine de mois), semble tourner le dos à l’electronica-dub qui nous emballait tant par le passé. En effet, l’Etats-unien paraît opter, dans Serial Hodgepodge, pour une techno-pop aux beats délibérément marqués et assumant sa part d’efficacité.

Mais essayons de ne pas tomber dans le piège du « c’était mieux avant » et faisons preuve d’ouverture d’esprit ; force est alors de constater que, dans les premiers morceaux, la musique de Lusine (McIlwain est revenu à ce pseudonyme, qu’il utilise, d’ailleurs, pour toutes ses sorties sur Ghostly International) produit son petit effet : on se laisse charmer par la voix féminine de Ask You puis on remue la tête au son de Slur ou de The Stop, tout en appréciant la sonorité et l’enchevêtrement des rythmiques. Pour autant, on ne peut s’empêcher de trouver que, bien vite, le musicien de Seattle tourne en rond, alternant entre chill out peu convaincant (Everything under the Sun) et techno aux beats appuyés assez lassante (Make it Easy). Dès lors, on est sur le point de décrocher complètement d’un album que l’on identifiera soit comme une volonté de prendre son public à rebrousse-poil, soit comme une petite récréation.
Cela dit, on poursuit l’écoute pour découvrir quelques très bons morceaux comme le faussement apaisé Drip où un piano mal assuré dialogue avec un « vent électronique » ou l’ambient Still Frame. De même, les cliquetis et autres glitchs de Falling In sont bien sentis, mais ils sont malheureusement vite rejoints par une pulsation ultra-basique, comme le sont, mais dans une moindre mesure, les sonorités dub de Figment. Enfin, en clôture de Serial Hodgepodge, Jeff McIlwain nous a réservé ce qui apparaît comme le meilleur titre de l’album : Paynes Gray débute par une nappe granuleuse avant de laisser place à un violoncelle free qui finira par disparaître progressivement.

En définitive, Serial Hodgepodge vérifie l’adage selon lequel il ne faut jamais abandonner un disque en cours de route et nous rassure, dans le même temps, sur les capacités de Lusine, décidément capable d’œuvrer dans tous les domaines, arborant ce qu’on imagine être un petit sourire en coin, ravi qu’il est d’avoir ainsi « piégé » ses auditeurs fidèles.

François Bousquet
le 02/12/2004

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