Alog

Miniatures

(Rune Grammofon / Universal Music)

 date de sortie

17/01/2005

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 écouter

3 MP3 (complets)

 tags

Alog / Electronica / Phonophani / Rune Grammofon

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Alog
Phonophani
Rune Grammofon

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Troisième album d’Alog, Miniatures nous permet de reprendre contact avec le duo norvégien, quatre ans s’étant écoulés depuis Duck-Rabbit et après avoir pu plusieurs fois apprécier Dag-Are Haugan et Espen Sommer Eide sur scène.

Si le début du morceau d’ouverture (Severe Punishment and Lasting Bliss) débute par la cascade de petite notes aiguës à laquelle Espen Sommer Eide nous a habitué sous son alias Phonophani, bien vite une guitare saturée remplit l’espace sonore avant qu’un violoncelle ne fasse son apparition dans un final plus proche du drone que de l’electronica pure. Long de dix minutes, ce titre établit donc, d’emblée, la volonté du duo de ne pas s’enfermer dans la stricte electronica, tout en faisant allégeance au label qui les héberge (le violoncelliste Nicholas H. Møllerhaug participe aux albums de Nils Økland, autre signature Rune Grammofon). En effet, les incursions jazz ne se limitent pas à la participation de Møllerhaug : ainsi, Steady Jogging on the Heart laisse apparaître une batterie jouée aux balais tandis que St. Paul Sessions II fait place à un vibraphone caractéristique.
Développant plus encore le caractère organique de leur musique par la présence d’une guitare électrique grattant, de manière répétitive, le même accord (St. Paul Sessions II) ou d’une six-cordes acoustique pincée en arrière-plan (Buffalo Demon), le duo norvégien n’en oublie pas pour autant les éléments électroniques qui ont fait sa renommée. De fait, glitchs réfrigérés et glockenspiels digitalisés sont convoqués de même que ces sonorités semblables à des bribes de voix dépecées. La superposition entre sons organiques et matières synthétiques s’opère la plupart du temps en parfaite harmonie, sans même qu’on arrive à percevoir lesquels viennent souligner les autres (mais peut-être s’agit-il, en vérité, d’une cohabitation purement égalitaire ?) ; de plus, cette coexistence permet d’éviter le piège de la redite (ainsi, Pesce Spada nous semblait être le parangon – presque la caricature – de ce que fait Alog, avant que n’apparaisse une rythmique qui a l’air d’être le fait de doigts tapotant une table).
Parfois, cependant (la fin de The Youth of Mysterious Conversations, certains passages de Leyden Jar), l’accumulation nous paraît ne plus être motivée par un réel souci artistique, mais plus par un désir de saturer le résultat pour le simple plaisir de la saturation (pourquoi pas, après tout). De même, les quatre premières minutes de dernier titre (Buliding Instruments) s’apparentent au soundcheck d’une formation free-folk (guitare acoustique braquée sur deux notes, banjo ayant l’air de tester tous les accords envisageables, fragments sonores de cuivres) ; vite fatiguant, ce premier tiers de morceau laisse ensuite place à un véritable morceau de drone apaisé (nappes, voix hululantes, rythmique dévolue à un seul coup, répété, sur le bord de la caisse claire) et nous permet de quitter, sur une bonne note Miniatures, album intéressant mais pas pleinement enthousiasmant.

François Bousquet
le 11/02/2005

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