Rainier Lericolais

Re : Courrier Electronique

(Optical Sound)

 date de sortie

00/02/2005

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 écouter

5 MP3 (complets)

 tags

.tape. / Electronica / Minizza / Optical Sound / Radiomentale / Rainier Lericolais / Sébastien Roux / Simon Fisher Turner / That Summer / Ultra Milkmaids

 liens

Radiomentale
Simon Fisher Turner
Ultra Milkmaids
That Summer
Minizza
.tape.
Optical Sound

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Courrier Electronique avait été édité en 1998 à 100 exemplaires, et fut très rapidement épuisé. Optical Sound saisit donc l’occasion de le proposer à nouveau, agrémenté cette fois d’un CD de 17 remix réalisés par la joyeuse bande du label strasbourgeois, entraperçue à l’occasion de diverses collaborations, de Music for Dream Machine à Display Parties avec Aspic Records. Ultra Milkmaids, Lili Kim, Omb, Dill, Cat or Die, That Summer, Radiomentale ou encore .tape et Simon Fisher Turner, et Pierre Belouin, le label manager himself, en sont. Rainier Lericolais, le maître d’ouvrage, nous avait habitué à un univers tendre, une electronica aux déclinaisons pop doucement langoureuse, des intonations tranquillement mélancoliques, intégrant au détour d’une mélodie numérique, au loin, des voix féminines, du piano, du violon et quelques accords de guitares avec Reader’s Digest, puis Yriex, et récemment Les Enfants Gâtés, B.O. d’un documentaire réalisé par Daniella Marxer. Un travail remarquable, mais nonchalant, abordable et sans heurts. C’est donc avec un regard rétrospectif sur le travail de l’artiste que l’on aborde cette réédition.

Artiste plasticien multi support, de la photographie au dessin en passant par la sculpture, Rainier Lericolais semble composer ses morceaux comme on esquisse une peinture, ajoutant, en touches disparates de-ci de-là des cliquetis et des craquements, retouchant instinctivement des samples, retravaillant au fil d’un morceau toujours en évolution la matière sonore. Electronica minimaliste aux impulsions progressives, les éléments de Courrier Electronique se profilent en plusieurs plans successifs, sans interférence ni collusion. L’agréable surprise de cet opus se situe dans le choix délibérément plus radical dans la pratique de l’électronique, sur la plupart des morceaux, évoquant, s’il fallait référencer, des atmosphères sèches comme Byetone ou Komet (on pense à Mort aux Vaches) savent les créer. La rigidité liée à l’emploi exclusif des machines en moins, car Lericolais implique des voix, d’hommes, d’enfants ou de femmes, et fait intervenir sans qu’une rupture se fasse entendre, des instruments, du piano à la guitare. Les morceaux savent le désir, et leur montée lente, souvent sans paroxysme, engouffre l’auditeur dans une transe hypnotique. Certains passages, délicats et fragiles, paraissent reposer sur un presque rien infiniment bancal, fluide et éphémère, soutenu par de légers bips et autres claquements, dans un ensemble quasiment friable. L’irruption de la narratrice du sublime Sans Soleil de Chris Marker achève de convaincre définitivement de la poésie gracile de ce travail ; bercée par une mélancolie instable, on s’accroche à une guitare palpitante qui recrée à elle seule la nostalgie des images d’enfants lumineux qui ouvrent le documentaire de Marker. Rainier s’amuse, la langue sympathiquement tirée, à nous entraîner d’un univers à l’autre, sans aucune brutalité. On regrette peut-être le track 10 aux inspirations hispaniques, tourné vers le tango, et aussi le morceau qui clôt l’opus, à la sonorité galvaudée d’un accordéoniste au pied du Sacré Cœur.

La deuxième partie de cet album, les remixes, sont évidemment décevant face au matériau original. Exercice de style périlleux, la plupart des morceaux ne savent pas laisser leur empreinte dans le sillon de Lericolais et répondent alors en pâle copie sans âme (Omb), ou bien s’inscrivent uniquement dans le style de leur auteur (.tape) indépendamment de la matière de base. Seul Sébastien Roux inonde son remix d’une nappe épaisse et embrumée, et crée une pièce ambient appréciable. Une tentative qui, comme souvent dans ce genre de concept, fonctionne peu.

Léa Lescure
le 12/05/2005

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