Lichens

The Psychic Nature of Being

(Kranky / Chronowax)

 date de sortie

19/09/2005

 genre

Rock

 style

Drone / Folk

 appréciation

 écouter

3 MP3 (extraits)

 tags

Drone / Folk / Kranky / Lichens

 liens

Kranky

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Après une très bonne année 2004 (marquée par les remarquables albums de The Dead Texan, Growing, Loscil et Pan Americain), Kranky connaît, à nos yeux, un exercice 2005 moins heureux. Peu convaincus par les récents disques de Charalambides ou Keith Fullerton Whitman, nous avons même été presque consternés par l’album de Boduf Songs (qui paraît le même jour que celui de Lichens) : du songwriting enregistré sur un quatre-pistes, poussant sa dimension lo-fi à la caricature ; que vient faire une telle démo (puisque le label a souhaité sortir celle-ci telle quelle) sur une structure d’ordinaire si exigeante ? Heureusement, Kranky sait encore dénicher d’intéressantes trouvailles comme cet album de Lichens, projet de Robert Lowe, membre de 90 Day Men et collaborateur de TV On The Radio.

Composé de trois morceaux (mais qui, en vérité, pourraient aussi bien être réunis en un unique) pour un total de quarante-deux minutes, improvisé et résultant d’une prise unique, The Psychic Nature of Being développe un drone-folk où une texture est créée à l’aide d’effets en tout genre sur laquelle Lichens pose des vocalises et gratte une guitare acoustique. Assez rapidement captivante, la musique du musicien états-unien marie influences orientales (les vocalises évoquent clairement des prières de moines bouddhistes) et ambiances “western” (le jeu de guitare) pour un résultat à la frontière entre mantra et psalmodie sous psychotropes. Insistant par moments sur la structure d’arrière-plan, la densifiant en y ajoutant des strates supplémentaires la rendant plus inquiétante encore, Robert Lowe donne à celle-ci un caractère largement orageux. Dès lors, lorsque la guitare acoustique perce cette texture, on a l’impression d’un corps qui s’excipe d’une toile qui l’enserrait.

Si l’on pourrait reprocher à Lichens de proposer trois morceaux formés sur le même canevas (mise en place de la texture, arrivée des vocalises, puis de la guitare), il n’en demeure pas moins que l’ensemble témoigne d’une constante volonté de recherche, passant souvent par une lente mise en condition de l’auditeur (le caudal You are Excrement if You Can Turn Yourself into Gold débute par cinq minutes de bourdonnement, sans intervention autre). Ainsi est-on pleinement aux aguets, épiant la moindre apparition musicale, prêt à s’en délecter et à savourer la manière dont Robert Lowe l’assimile à la structure pré-existante (à ce titre, les savoureuses clochettes qui poignent aux trois-quarts du dernier morceau se marient idéalement à la guitare électrique). De fait, il semble évident que la musique de Lichens prend véritablement corps sur scène où l’on doit probablement voir le musicien passer d’un instrument à l’autre, hésiter, s’évertuer à proposer la meilleure alliance possible ; pour autant, il serait dommage, sur le fondement de ces supputations, de se passer d’un disque tout à fait convaincant.

François Bousquet
le 19/09/2005

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