Deaf Center

Pale Ravine

(Type / Import)

 date de sortie

07/11/2005

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 écouter

4 MP3 (extraits)

 tags

Ambient / Deaf Center / Svarte Greiner / Type

 liens

Deaf Center
Type

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Il aura donc fallu attendre la dernière sortie de l’année pour que Type nous propose un disque d’un groupe ou artiste qui ne soit pas son premier : en effet, on avait pu rencontré le duo Deaf Center il y a une vingtaine de mois avec un Neon City EP plutôt convaincant et même de plus en plus plaisant au fur et à mesure des écoutes.

Alors que ce dernier se partageait plutôt équitablement entre electronica et ambient, c’est ce second style qui est ici uniquement développé (hormis quelques tapotements, l’ensemble se veut arythmique). Clochettes lointaines, trémolo de cordes, piano limite sinistre, le tout posé sur des textures sombres renforcées par une pochette en noir et blanc représentant une étole gisant sur des paysages embués, les Norvégiens n’ont pas opté pour la dimension « joyeuse » de l’ambient. Erik Skodvin et Otto Totland lui ont, en effet, préféré une atmosphère tourmentée où les cordes tissent d’inquiétantes nappes sur lesquelles les notes de piano font l’office de gouttelettes ou de déambulations fantomatiques (la sensation de danse macabre de The Clearing). Si l’adjectif « cinématique » vient naturellement à l’esprit (d’autant plus que les musiciens déclarent s’être inspirés des vieux films muets en 8 mm pour composer Pale Ravine), il ne s’agit nullement d’une formule obligée ou d’une volonté de calquer une expression sur une impression ; le caractère évocateur de la musique de Deaf Center est en vérité trop important pour en rester à des raccourcis simplificateurs.

A cet égard, l’écoute intégrale en une seule traite s’avère nécessaire pour pleinement profiter d’un album sachant inquiéter sans effrayer, se faire sombre sans se complaire dans cette noirceur (l’ambiance se faisant parfois plus lumineuse quand le piano installe une ligne mélodique légèrement insouciante comme dans Eloy) et tirer entièrement parti des cordes et du piano, constamment présents. Par moments, du reste, un violoncelle se fait plus présent, venant comme dialoguer, à l’occasion en pizzicati, avec les textures ombrageuses préalablement installées (Lamp Mien, Fog Animal). Cette capacité à réaliser une forme de « concerto » sans tomber dans la facilité du tout-venant néo-classique car proposant des structures à la densité certaine, fait de Pale Ravine un très bon album, pas excessivement réjouissant certes mais incontestablement beau.

François Bousquet
le 11/11/2005

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