Andrew Pekler

Strings + Feedback

(Staubgold / La Baleine)

 date de sortie

26/09/2005

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

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2 Flash (extraits)

 tags

Andrew Pekler / Expérimental / Staubgold

 liens

Andrew Pekler
Staubgold

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Andrew Pekler est déjà auteur de deux albums parus chez  scape que nous n’avons jamais écouté. En fait un concert au Batofar il y a 3 ans maintenant nous a permis de découvrir cet artiste, et nous a aussi dissuadé d’aller plus loin. Aussi c’est avec un petit a priori négatif que l’on aborde cet album qui sort cette fois chez Staubgold.

De l’électro-jazzy de ce fameux concert, il ne reste plus grand chose. On est plus proche ici de la musique électro-acoustique contemporaine que des grooves faciles dont il faisait preuve lors de ce concert. En fait on a l’impression d’avoir affaire à un tout autre artiste.
Le titre annonce la couleur : Strings + Feedback est en effet majoritairement composé de sons de cordes samplés pour la plupart sur l’oeuvre du compositeur Morton Feldman. Le traitement électronique appliqué à ces samples rend difficile une juste appréciation du matériau de base, mais on trouve principalement du piano et des cordes pincées au son très proche d’une harpe. La part d’électronique est quant à elle assez mystérieuse : sur Ogondok et Mirrorise on à l’impression d’entendre un theremin, mais peut-être s’agit-il d’un traitement de la résonance des instruments.

L’ensemble a un petit côté rétro (et par la même un certain charme), peut-être lié à ce type de composition électro-acoustique, ou peut-être cela vient-il du fait que les samples proviennent d’oeuvres des années 50. Toujours est-il que Cygnus semble tout droit sorti de la BO d’un vieux film de science-fiction.
Mais par dessus tout, c’est la composition à proprement parlé qui est éblouissante : le piano traité de P’lucked subit de réguliers changements de tempo et crée un mouvement de va et vient, un balancement incessant, Localite semble envahi de flûtes et le mouvement se traduit ici en alternance d’inspirations et d’expirations. Les frétillements et hésitations sur les cordes pincées de Ogondok sont absolument magiques, puis on reste ébahi devant les cuivres contemplatifs de Pale Fyr. L’électronique plus assumée sur Mirrorise permet d’apporter un certain relief et d’apprécier la finesse du travail d’Andrew Pekler (juste dosage des grésillements, de la saturation), et les boucles hypnotiques, entre guitare et harpe, touchent au sublime sur Oragainst. L’album se termine ici avec quelques éclats de piano et un theremin frétillant et légèrement saturé, à l’origine d’une certaine tension.

Énorme surprise donc de la part d’Andrew Pekler, qui nous donnerait presque envie de revenir sur ses précédents travaux. On est séduit ici par l’intelligence du propos, à la fois expérimental et extrêmement sensible.

Fabrice ALLARD
le 26/11/2005

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