Piano Magic

Writers Without Homes

(4AD / Labels)

 date de sortie

25/06/2002

 genre

Rock

 style

Ambient / Pop / Post-Rock

 appréciation

 tags

4AD / Ambient / Piano Magic / Pop / Post-Rock / Textile Ranch

 liens

Piano Magic
4AD
Textile Ranch

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Deuxième album pour Piano Magic sur 4AD (après la B.O. du film de Bigas Luna Son de Mar) que le groupe londonien avait rejoint l’an passé. Regroupant une pléiade d’invités (Paul Anderson de Tram, John Grant de The Czars, Ronnald Lippock et Bernd Jestram de Tarwater, Simon Raymonde ou encore Bigas Luna lui-même), ce beau disque n’en est pas pour autant un album de mercenaires cachetonneurs, loin de là.

Débutant par l’épique et fantastique (Music won’t save you from anything but) silence porté par un tremolo de guitare immédiatement prenant, Writers without homes va, au fil de ses onze morceaux, nous faire voyager dans l’esprit génialement torturé de Glen Johnson. Tissant pour les différentes voix convoquées des ambiances troublées et opaques, cotonneuses et tourmentées, il réussit à la fois à ne pas trop brusquer celles-ci en leur proposant des climats relativement proches de ceux qu’elles connaissent habituellement et en même temps à les insérer parfaitement et malicieusement dans son propre univers. Ainsi, pour Ronnald Lippock, dans Modern Jupiter, bien qu’introduisant une boîte à rythme et une boucle mélodique, on retrouve des samples tirés d’un pub (entrechoc des pintes de bière) et une histoire de working-class hero. Avec The Season is long, on croirait entendre un inédit de The Czars tenu par le toujours aussi beau et profond timbre de John Grant, mais cette chronique d’une désillusion sentimentale escortée par le piano presque larmoyant de Simon Raymonde et un violon déchirant ne peut que provenir de Glen Johnson. Mais là où la musique de Piano Magic prend sa véritable dimension, c’est lorsqu’elle est interprétée par des voix féminines. Que ce soit Caroline Potter, Suzy Mangion ou Charlotte Marionneau (pour un Dutch Housing chanté en français), ces douces voix transcendent les atmosphères ouatées tressées par Glen Johnson et paraissent s’élever délicatement au-dessus de la trame musicale que tracent piano, guitare et batterie.

Piano Magic nous offre en définitive un disque marqué par le désarroi amoureux, l’idée de départ et la présence soupçonnée de silhouettes fantomatiques que l’on prend aussi bien plaisir à savourer qu’à s’y perdre.

François Bousquet
le 25/06/2002

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