V/A

Strewth !

(Synaesthesia / Chronowax)

 date de sortie

00/09/2002

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

Candlesnuffer / Cray / David Franzke / Delire / Dion Workman / Expérimental / Matthew Thomas / Oren Ambarchi / Philip Samartzis / Synaesthesia

 liens

Oren Ambarchi
Candlesnuffer
Dion Workman
Synaesthesia

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Synaesthesia est un disquaire australien basé à Melbourne, devenu mail order à l’heure d’internet, et se lançant dans la production de disques avec cette deuxième sortie, proposant un panorama des musiques électroniques et expérimentales régionales, puisque les artistes figurant sur cette compilation viennent d’Australie ou de Nouvelle Zélande.
C’est encore l’occasion de faire quelques découvertes puisque mise à part Cray et Oren Ambarchi, tous ces noms nous sont inconnus.

Si nous avons déjà pris soin de préciser "expérimentales", c’est qu’il y a vraiment lieu d’être. En effet ce disque propose 18 morceaux de styles relativement variés, mais tous très abstraits et difficile d’écoute, pouvant facilement rebuter l’auditeur. On préférera du coup une écoute distraite afin de se laisser happer par un son inconnu qu’une écoute attentive qui risque de s’avérer ennuyeuse et difficile.
On trouve principalement deux types de compositions ; celles faites de bruitages électroniques qui mettent en avant une recherche sur le son et son agencement, et celles plus orientées vers les musiques concrètes plus portées sur les collages et l’évocation de sonorités connues. Mais de nombreux artistes s’amusent allègrement à brouiller les pistes et mélanger des voix déformées avec des grésillement numériques comme Cray qui nous surprend en abandonnant les drones mélodiques, ou Philip Samartzis qui fait se confondre grésillements et pluie sur NHK Tokyo.

Comme toute expérimentation, si celle-ci est toujours intéressante, le résultat qui en découle est plus ou moins réussi. Zy’z x par exemple manque de temps et ne parvient pas à nous convaincre avec ses 4 jingles d’une quinzaine de secondes et Auigiugui ne nous mène nul part, ou plutôt nous mène en bateau avec une avalanche syncopée de gargouillis digitaux.
Mais quand la magie opère, c’est magnifique. C’est le cas avec Delire qui nous donne l’impression de voir un court-métrage de science-fiction inquiétant : voix sortie d’un ordinateur, ouverture de porte d’un vaisseau spatial, des pas dans la neige, bref, un ensemble très concret et parfaitement construit. Candlesnuffer surprend par son travail sur les sons, mettant en parallèle cliquetis aigus et longues sonorités graves pour une ambiance là aussi assez sombre.
Dans un registre différent on trouve deux belles réussites de Oren Ambarchi et Dion Workman qui travaillent tout deux sur les croisements de tonalités pures, For I/X de Workman donnant l’impression d’entendre tomber des gouttes d’eau. On terminera cette énumération avec deux morceaux ambient mais très différents : Approach de Matthew Thomas est composé de longues notes atmosphériques qui semblent provenir, à l’origine, d’une guitare. David Franzke quant à lui nous inquiète avec des drones graves et des hurlements lointains.

Un disque qui possède donc son lot de bonnes surprises, mais qui dans son ensemble est à réserver à un public averti. Les amateurs de nouvelles sensations, de musiques concrètes et d’expérimentations électroniques devraient quant à eux être comblés.

Fabrice ALLARD
le 05/01/2003

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