Anouar Brahem

Le Pas du Chat Noir

(ECM / Universal Music)

 date de sortie

23/09/2002

 genre

Jazz

 style

World

 appréciation

 tags

Anouar Brahem / ECM / World

 liens

ECM

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On avait découvert Anouar Brahem il y a deux ans, lors de la sortie de la compilation jazz-world du label Ecm, intitulée Horizons aux côtés de Stephan Micus et Nils Petter Molvaer et Jan Garbarek. Le Pas du Chat Noir est l’occasion de découvrir plus en détail cet artiste et son instrument de prédilection, le oud.

Initialement composé au piano, ces morceaux se sont petit à petit vus transformés par le remplacement ou l’accompagnement de celui-ci par un oud, ou un accordéon. Les 12 morceaux qui le composent sont ainsi construits sur toutes les combinaisons possibles avec ces trois seuls instruments. Ils jouent de concert sur le premier titre, Le Pas du Chat Noir, chacun apportant une teinte particulière : world pour le oud, jazz pour le piano qui nous fait parfois penser à Keith Jarrett, et un côté plus occidental avec l’accordéon, comme sur le très beau Leila au Pays du Carrousel qui nous fait penser à une musique de bal un peu triste.
On passe ainsi par des ambiances variées : mélancolique avec la superbe mélodie au piano dans De Tout ton Coeur, délicatement soulignée par le oud, très orientale avec le oud et l’accordéon au jeu plutôt sec, ou très jazz quand le piano s’emporte dans une cascade de notes sur C’est Ailleurs. Le mélange des instruments atteint un sommet avec Toi qui Sait, piano solo pour commencer, avec une mélodie qui ne cède pas à la facilité, reprise par le oud tandis que le piano continue l’accompagnement, lui même étant ensuite repris par l’accordéon tandis que le piano reprend la mélodie. Les trois instruments s’échangent les rôles, se passent le relais.

Tout cela est très joli, très propre, très fidèle au label Ecm, mais au final on regrettera un certain manque de relief. Les ambiances sont bien variées mais l’ensemble flirte avec une certaine nonchalance qui menace parfois de nous ennuyer. On saluera alors un morceau presque enjoué comme L’Arbre qui Voit, et ses changements de rythme, quelques mélodies particulièrement bien trouvée qui viennent nous surprendre, et un accordéon régulièrement plaintif.
Un disque très agréable, mais qui n’est sûrement pas le meilleur album d’Anouar Brahem.

Fabrice ALLARD
le 02/02/2003

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