Natasha Barrett

Isostasie

(empreintes DIGITALes / Metamkine)

 date de sortie

00/01/2003

 genre

Electronique

 style

Musique Concrète

 appréciation

 tags

empreintes DIGITALes / Musique Concrète / Natasha Barrett

 liens

Natasha Barrett
empreintes DIGITALes

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Natasha Barrett, d’origine anglaise, s’est exilée en Norvège et se laisse influencer par ce nouvel environnement pour composer ses pièces électroacoustiques mêlant sons concrets et d’autres générés de manière informatique à partir de modèles mathématiques. Composés entre 1998 et 2001, ces dix morceaux sont parfois des oeuvres de commande, des bandes sons d’installations, pour la plupart présentés dans des festivals de musique électroacoustique, allant jusqu’à remporter quelques prix prestigieux.

Le disque est composé de deux triptyque, et quatre autres morceaux de longue durée.
Three Fictions (Northern Mix) est composé de trois images, trois scènes mises en musique. Le travail de Natasha Barrett consiste globalement à recréer des ambiances, des sonorités connues, par synthèse sonore, non seulement en créant le son mais aussi en le répartissant dans le temps et l’espace. Ainsi sur la première partie de ce triptyque, intitulée In the Rain, un algorithme simule la pluie qui tombe sur une plaque métallique. Ce travail est ensuite habillé par quelques sons concrets comme un clocher, des oiseaux, des sons évoquant le calme après la tempête sur Midnight Sun : Midday Moon.

Le second triptyque, Displaced:Replaced, composé de très courts morceaux se consacre à un élément précis déjà mis en évidence par le titre : Fog, Light Wind, Wet and Gusty et Gathering Wind semblent ainsi récréer, tel des images de synthèse (sonore), des environnements au réalisme parfois troublant. Ainsi l’auditeur se retrouve au bord d’une marre encore recouverte de brume au petit matin avec le croassement des grenouilles, se promène le long d’une rivière dont le courant augmente doucement, ou se retrouve en terrain découvert, balayé par le vent, happé par une bourrasque, tandis que les feuillages s’agitent et des objets flottent sur le sol.

Des quatre autres titres, on retiendra Viva la Selva ! qui en un peu plus de 17 minutes simule une plongée de 24h en pleine forêt. Tout y est reconstitué, avec d’abord au petit matin quelques insectes et chants d’oiseaux, mais aussi des sonorités inquiétantes rappelant des loups grognant. Dans la chaleur de l’après-midi l’ambiance est plus calme, mais perturbée par le vol d’un moustique ou d’oiseaux venant voir qui ose s’aventurer dans cette forêt mystérieuse où vous vous ferez surprendre par le craquement d’une branche sous vos pas. La nuit d’étranges animaux sortent de leur abris et viennent nous inquiéter, toute une faune qui nous était jusque là inconnue nous offre ce concert avant de retrouver sa tanière avant le levé du soleil. Le calme retrouvé les bruits connus reprennent le dessus, une légère pluie fait son apparition, une nouvelle journée peut commencer.
Du cinéma pour les oreilles, et une écoute conseillée au casque pour profiter pleinement de la distribution des sons.

Derrière son aspect technique un peu ardu, Natasha Barrett construit une musique assez facile à appréhender car elle tente de recréer des éléments connus. Sa musique froide, inquiétante provoquera peut-être même quelques sursauts. Il est déconseillé de partir seul en forêt...

Fabrice ALLARD
le 14/02/2003

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