Esmerine

If Only a Sweet Surrender to The Nights to Come Be True

(Resonant / La Baleine)

 date de sortie

02/06/2003

 genre

Rock

 style

Post-Rock

 appréciation

 tags

Esmerine / Post-Rock / Resonant / Saltland

 liens

Esmerine
Resonant

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Nouvelle formation comprenant des membres de la grande fratrie Constellation, le duo Esmerine (formé par Beckie Foon - Set Fire to Flames, A Silver Mount Zion - et Bruce Cawdron - Set Fire to Flames, Godspeed You ! Black Emperor -), prend pourtant le parti de s’en démarquer en sortant son premier album sur Resonant (excellent label anglais qui nous a déjà gratifié, par le passé, de splendides maxis vinyles de Do Make Say Think ou Jessica Bailiff).

Si la composition du duo (instrument à cordes et batterie) rappelle Hangedup, on est ici bien loin des climats abrasifs de ces derniers. Chez Esmerine, le violoncelle se veut majoritairement caressant et la batterie discrète. De même, Beckie et Bruce ne rechignent pas à intégrer d’autres instruments (marimba, harmonium, contrebasse) que d’autres membres de la galaxie Constellation (Efrim Menuck ou Thierry Amar) viennent jouer.

Après un très beau titre d’introduction, on pénètre de plein pied dans If Only a Sweet Surrender… avec There Were no Footprints, magnifique morceau de plus de douze minutes où violoncelle et marimba dialoguent dans une atmosphère sereine et apaisée. Sachant, plus loin, flirter avec les inspirations d’autres formations canadiennes (passages plus tendus dans une veine Hangedup, ajouts de sonorités plus « expérimentales » comme peuvent le faire Set Fire to Flames), Beckie et Bruce sont également capables de créer des pièces particulièrement délicates. En témoignent Tungsten ouvert par un harmonium sonnant comme une boîte à musique qui se trouve vite rejoint par de poignantes cordes ou Sweet Surrender be True et son saisissant lamento de piano.

Indubitablement éblouissant de bout en bout, If Only a Sweet Surrender… nous impressionne véritablement : après chaque phrase musicale, alors qu’on se dit que le duo côtoie déjà le sublime et qu’il ne peut faire mieux, il trouve encore le moyen de repousser les limites de la beauté en nous émerveillant un peu plus. Constamment ouvert à des apports externes tout en sachant transcender les titres où le duo se retrouve livré à lui-même, ce premier album nous enchante aussi parce qu’il place encore un peu plus la scène montréalaise formée autour de Godspeed You ! Black Emperor comme une authentique balise de la musique instrumentale actuelle, où chacun des membres compte et sait développer, par ailleurs, ses propres qualités musicales.

François Bousquet
le 25/06/2003

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