Monique Jean

L’Adieu au S.O.S.

(empreintes DIGITALes / Metamkine)

 date de sortie

00/06/2003

 genre

Electronique

 style

Musique Concrète

 appréciation

 tags

empreintes DIGITALes / Monique Jean / Musique Concrète

 liens

empreintes DIGITALes

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Monique Jean est une compositrice canadienne sortie de l’université de Montréal où elle a étudié la composition électroacoustique. Mis à part sa production discographique, elle travaille également pour la danse, des installations ou encore des vidéos. Cet album est un ensemble de pièces composées entre 1997 et 2001 dont le temps est omniprésent. Destruction de notre environnement, transformation des mentalités et donc de la nature humaine, immobilité, sont quelques uns des éléments que Monique Jean tente de saisir dans sa musique afin d’en garder une trace et que le temps n’emporte pas tout vers le passé.

Le premier titre est assez saisissant et présente de façon un peu brutale l’univers de la compositrice. Régulièrement assemblée par des souffles, des cris, des longs glissandos de cordes stridentes, de ronronnement métallique, la musique de Monique Jean est à la fois sombre et éclatante. Ainsi 13’13 Pour Voix Défigurées met en scène des bribes de dialogues brouillés, comme s’il étaient captés par une radio de mauvaise qualité. Bruits de machine, de foule, crissement des roues du métro, circulation (exode ?) sont habilement mis en scène avec quelques éléments instrumentaux.
Sur Danse de l’Enfant Esseulée elle se consacre à l’arrêt de temps. On commence par un tintement répétitif, comme si l’on bouclait indéfiniment sur une courte période de temps, puis de longs et inquiétants ronronnement métalliques nous glissent vers une ambiance plus calme. L’auditeur se retrouve alors comme en suspension dans un univers paradisiaque avant de revenir vers les sombres ronronnements, cordes stridentes et cris de loups.

Figures du Temps est un triptyque contemporain qui nous donne l’impression que l’apocalypse est proche. Des souffles tournoient de plus en plus rapidement tels les pales d’un hélicoptère dans un rugissement infernal, des bruits divers évoquent des explosions, des extraits de journaux télévisés parlent d’attentats, de massacres et les mélodies se font rares. Entre ces bruitages concrets, ce sont des sonorités électroniques qui contribuent à créer une musique riche, enivrante, ou les passages plus calmes sont les bienvenus.
Pour finir, Low Memory #2 tient son originalité dans la présence d’instruments acoustiques (flûte, piccolo) dont le jeu provoque des notes hésitantes et des souffles qui se marient parfaitement aux sonorités électroacoustiques. On sent alors une présence, de la vie au sein d’un univers hostile.

Cette hostilité est peut être à l’origine de l’écoute difficile de ce disque. Magnifique pour commencer malgré quelques voix déclamées de façon un peu théâtrale, sur la longueur ce disque risque d’être une véritable source de stress.

Fabrice ALLARD
le 30/07/2003

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