Leafcutter John

The Housebound Spirit

(Planet Mu / La Baleine)

 date de sortie

27/08/2003

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Electronica / Leafcutter John / Planet Mu

 liens

Leafcutter John
Planet Mu

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Leafcutter John est le projet solo de John Burton qui sort là son troisième album avec une fidélité sans faille envers Planet Mu depuis ses débuts. Un disque surprenant, qui se joue des genres, mêlant jazz, electronica, et musique contemporaine par d’habiles collages électroacoustiques.

On a d’abord l’impression d’avoir affaire à un difficile album de musique contemporaine, une musique concrète abstraite avec cette suite de collages hétéroclites qui compose 42, une courte introduction. Si l’album est un vaste territoire d’expérimentations, de confrontation des genres musicaux, John Burton complique la chose en intégrant toute sorte d’influences dans un même morceau. L’étonnent Electric Love qui débute par une rythmique acoustique abstraite à base de batterie, cymbales et autres tintements, s’aventure vers le jazz avec une imitation de contrebasse, et des samples de voix qui rajoutent à l’ambiance, donnant l’impression d’être dans un vieux club de jazz enfumé avec le public qui parle et tousse. L’ambiance devient quelque peu malsaine, des cris effrayés, des voix féminines fantomatique, et un final enchanteur faisant penser à une comédie musicale hollywoodienne.
Pour finir de brouiller les pistes, quelques titres pop-folk viennent casser la réputation un peu austère que pourrait récolter le talentueux auteur de cet album. If You Have an Enemy vous glacera le sang avec ses violoncelles torturés et sa voix, superbe, désenchantée, quelque part entre Nick Cave et Leonard Cohen.

Une fois cet éventail passé, on sait que le reste de l’album sera tout aussi étonnant, toujours aussi riche d’expériences, de croisements réussis, de collages inattendus. Ainsi le superbe Khom ?s met côte à côte guitare folk, electronica bariolée et chants feutrés, un accordéon linéaire fait suite à des contrastes rythmiques sur Recain, on pense à Aphex Twin pendant un court instant pendant Mandolin Work, des clarinettes offrent une ambiance à mi-chemin entre jazz et musique de film sur For Two, et Leafcutter John s’essaye même au dub sur Arches Never Sleep où une basse flirte avec le tic-tac d’une horloge, avant qu’une mélodie sous forme de sifflements n’éclaire l’ensemble.
La fin de l’album est d’ailleurs plus enjouée avec notamment deux titres dont les éléments s’organisent petit à petit pour finir par composer une electronica ludique. Mais régulièrement, une délicate chanson pop vient casser le rythme en ramenant l’auditeur à des émotions plus immédiates, plus retenues aussi.

Toujours est-il que nous avons là un disque étonnant à plus d’un titre, d’une richesse et d’une originalité rare tout en gardant une sensibilité assez facilement appréciable.

Fabrice ALLARD
le 09/10/2003

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