Coin Gutter

All Your Dreams are Meaningless

(No Type / Metamkine)

 date de sortie

15/09/2003

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Coin Gutter / Electronica / No Type

 liens

Coin Gutter
No Type

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Coin Gutter est un couple canadien, basé à Vancouver pour être précis, formé par Graeme et Emma. Ensemble ils produisent films et musique depuis 3 ans, et ont créés leur propre structure afin de diffuser leur musique avec le micro-label Vanity Records, exclusivement dédié à leurs productions. Après 3 CDs, dont le premier intitulé Promo, les voici signés chez No Type aux côtés Tomas Jirku, Books on Tape, ou Headphone Science dont on parlera très bientôt. Cet album, qui est aussi pour eux une chance de se faire connaître auprès d’un plus large public, présente la plupart de leurs précédents travaux puisque l’on retrouve ici, à la manière d’une compilation, de nombreuses pièces déjà sorties sur leurs trois précédents CDs.

L’album s’ouvre sur Lift with the Knees qui, avec ses 36 minutes, composait à lui seul leur deuxième disque. Une longue pièce généralement ambient malgré ses deux passages bruitistes, composées d’une multitude d’éléments : on démarre avec quelques grésillements et une rapide explosion qui forme une longue nappe de bruit grésillant. Quand celle-ci s’éteint, elle ne laisse derrière elle que quelques bleeps suraigus. On passe alors à des paysages désolés formés par des souffles, des ronronnements de machines, de moteurs et autres bruits sourds, des ambiances moites, des voix lointaines extraites d’ondes radio, des nappes produites par la résonance infinie de quelques tintements, des martèlement sourds qui font penser aux battement d’un coeur, des grésillements et grincements saturés qui nous rappellent une imprimante matricielle, et pour finir, un retour à l’apaisement avec de longues notes plus claire.
Si l’ensemble est plutôt original et d’une construction intéressante, ce n’est rien au regard de ce qui nous attend.

Lullaby par exemple débute par une voix grave, déformée, inquiétante. Une fraction de seconde bruitiste sert de coupure et semble nous transporter dans une autre dimension : musique classique avec solo de piano et bientôt une voix à mi-chemin entre le chant religieux et l’opéra, dans lequel se glisse quelques erreurs numériques imitant un CD qui saute ou encore ces textures bruitistes qui s’immiscent au beau milieu de ce chant. Le genre de morceau sur lequel pourraient se retrouver les fans de Dead Can Dance et Fennesz. A propos de Fennesz, Terminal nous rappelle fortement le travail de l’autrichien : ils font ici pleurer les machines avec une magnifique mélodie cruellement noyée dans des distorsions numériques. Le mélange se révèle de toute beauté, fin et sensible.
D’ailleurs le duo se rapproche petit à petit de l’intime puisque sur Solitaire et Timewise des voix viennent donner vie et apporter une dimension cinématographique à la musique de Coin Gutter. Des boucles ambient se répètent et évoluent lentement, un femme répète "He’s gone.... he’s just gone" de façon de plus en plus triste, émouvante. Puis une autre voix prend le relais et ajoute "She’s crying" à la manière d’une voix off. Quand on les abandonne, il n’y a que le tic-tac de la pendule qui continue, imperturbable.

S’il y a parfois des raisons de se dire que l’electronica tourne un peu en rond, ce genre de disque, tout comme celui de Leafcutter John chroniqué il y a quelques temps, nous redonne confiance en ouvrant de nouveaux territoires d’expérimentation. A ce titre et pour sa charge émotionnelle, Coin Gutter est notre gros coup de coeur du moment.

Fabrice ALLARD
le 12/11/2003

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