Plaid

Spokes

(Warp / PIAS)

 date de sortie

20/10/2003

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Electronica / Plaid / Warp

 liens

Plaid
Warp

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Peu d’artistes électroniques offrent une constance aussi remarquable que ce duo anglais. De disque en disque, les structures se renouvellent, les mélodies s’affinent, les idées foisonnent, l’inspiration demeure. Le plaisir reste durablement intact, et le sentiment d’avoir affaire à l’un des fleurons absolus du genre se consolide.
Après le séminal Not for Threes, l’enjoué Rest Proof Clockwork, la merveilleuse compilation Trainer et l’excellent Double Figure, sans oublier les EP’s, 2003 est une année faste pour Plaid qui sortent coup sur coup la très intéressante compilation de remixes Parts in the Post et ce nouvel album que l’on peut déjà ranger parmi les classiques.

Le son de Plaid est à la fois très typé "Warp" et indubitablement personnel. L’osmose entre les deux comparses, Ed Hanley et Andy Turner, se ressent fortement à l’écoute de ces nouvelles compositions. Une fois encore, ils réussissent une combinaison jouissive de mélodies mélancoliques, de petites notes fraîches et cristallines, d’une rythmique claire, dynamique et jamais ostentatoire et d’un foisonnement de sons étourdissants, avec craquements abstraits, glissades éthérées, sautillements champêtres... Une multitude d’idées charpentent les titres, qui rebondissent précisément lorsqu’on se croyait trop bien installés dans le climat initial. Du grand art.

Ce disque très homogène s’écoute comme on lit un bon roman, sous la forme duquel il se présente d’ailleurs (superbe packaging), d’une manière très fluide et continue. Il alterne les passages plus réflexifs (Zeal, B Born Droid et sa ligne mélodique à tonalité asiatique, Upona qui évoque B12) et les épanchements extravertis (Cedar City, Marry qui lorgne vers le drum’n bass), toujours dominés par une dimension mélodique hors du commun, qui émerge au premier plan sous les couches rythmiques savamment superposées. Le splendide morceau d’ouverture, Even Spring, est à ce titre emblématique : il commence de manière calme et contemplative avant de s’intensifier dans une superposition voluptueuse de sons qui donne d’emblée le "la". Aucun moment de lassitude jusqu’à l’apothéose Buns, suivi par le plus apaisé Quick Emix qui clôt de belle manière, avec de fulgurants élancements, un disque dense et impressionnant, l’un des tout meilleurs de 2003.

Le duo ne s’aventure sans doute pas vraiment hors du sillon qu’ils ont forgé de mains de maîtres. Mais ce que l’on pourrait prendre pour une propension à la répétition n’est autre, à notre avis, qu’une volonté farouche de creuser toujours plus profondément cette voie déjà magnifiquement aboutie qui n’appartient qu’à eux et dans laquelle on prend toujours un immense plaisir à les suivre.

Gilles Genicot
le 22/02/2004

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