Stendec

A Study of ’And’

(Expanding Records / La Baleine)

 date de sortie

14/06/2004

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Benge / Electronica / Expanding Records / Stendec

 liens

Benge
Expanding Records

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Attendu de longue date, voici enfin le premier album de Stendec, ce duo formé par Ben Edwards (Benge) et Paul Merritt (Tench), par ailleurs label managers d’Expanding, qui nous ont pour l’instant ravis à chaque 7" ou participation à une compilation. On retrouve, du reste, sur A study of ‘and’ ces morceaux familiers qui occupent ainsi la moitié du disque ; partant, celui-ci nous sembla, à la première écoute, assez décevant, tellement on était habitué aux titres sus-mentionnés, les autres ne nous faisant, naturellement, pas le même effet. Décidant de laisser de côté, pendant quelque temps, cet album, on y retourne avec une oreille plus neuve, sachant déjà à quoi s’attendre et prêt à une écoute plus homogène.

Suivant la ligne musicale principalement développée sur Expanding, Stendec nous propose treize titres de pure electronica mélodique, finement ciselée et soigneusement ornementée, faite de sonorités précises, d’ambiances ouatées, de rythmiques parfaitement élaborées (magnificence de celle d’Avro ou d’Aileron) et de nappes chaleureuses. Profondément onirique la musique du duo anglais, émeut par sa capacité à sincèrement nous toucher via une relative économie de moyens et une fraîcheur indéniable qui font de chaque morceau une délicate gemme, offerte à l’auditeur sans brutalité, apportée avec douceur à ses oreilles. Très souvent mélancolique, la musique de Stendec peut se faire aussi plus enjouée quand le tempo s’élève quelque peu et que la mélodie principale s’égaye (Incluse) ; cependant, la nappe d’arrière-plan conserve toujours un caractère étrangement hanté, manière d’insister sur l’éphémère d’une telle gaieté.

Principalement synthétiques, les mélodies de Stendec sont néanmoins, parfois, l’œuvre d’une guitare digitalisée mise en boucle inspirant un effet hypnotique (Pyat) ou d’une basse dont la rondeur semble rebondir pendant tout le morceau (Drexler). Artisans d’un dialogue permanent entre les différents éléments utilisés, les anglais se plaisent à faire converser mélodie d’apparence simpliste et basse plus travaillée ou beat régulier et rythmique asymétrique. Toutefois, là où ils pourraient se contenter de ce jeu sur les contraires, faisant tourner leurs structures et se repaissant du résultat produit, Ben Edwards et Paul Merritt font constamment évoluer leurs morceaux, sans cesse à la recherche de nouveaux agencements ou d’imbrications inédites, invoquant même des sonorités proches du hip-hop (Feint).

Long en bouche (peut-être un peu trop long, du reste, mais suffisamment riche pour ne pas lasser), pouvant aussi bien satisfaire ceux qui ont déjà été conquis par le duo que ceux qui ne le connaissent pas, A Study of ‘and’ est bien l’album que l’on attendait de Stendec et une pépite de plus dans la discographie exemplaire d’Expanding.

François Bousquet
le 20/06/2004

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