Apparat

Duplex

(Shitkatapult / La Baleine)

 date de sortie

24/09/2003

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Apparat / Electronica / Shitkatapult

 liens

Apparat
Shitkatapult

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L’Allemagne est sans doute le pays européen le plus bourgeonnant et passionnant dans le monde des musiques électroniques. De nombreux artistes y sortent une foule de disques enthousiasmants sur des labels qui ne le sont pas moins, explorant le plus souvent la veine électro-techno du genre, fréquemment mâtinée d’un minimalisme robotique ou de sonorités funk métalliques. Dans ce contexte, Apparat fait un peu figure d’exception puisque l’electronica classique et très aboutie de son premier album Multifunktionsebene tendait plutôt à le ranger aux côtés de Neo Ouija ou U-Cover que de Kompakt ou Kanzleramt.

Après avoir sorti, toujours sur Shitkatapult, le label qu’il co-dirige, le EP Tttrial and Eror un an plus tôt, Sascha Ring revint l’an dernier avec ce Duplex où il imprime une évolution assez sensible à la palette sonore qu’il avait développée sur son premier LP, avant de sortir il y a quelques mois Shapesmodes EP chez Neo Ouija, semblant ainsi revenir à ses penchants premiers. Là où Multifunktionsebene séduisait par la beauté de ses climats éthérés mais pouvait aussi paraître un peu linéaire, Duplex présente de plus franches variations, passant d’une pièce de piano accompagnée de jolis glitchs (Warm Signal) à des rythmiques lorgnant vers les kicks syncopés d’une drum’n’bass (Granular Bastard, l’excellent morceau d’ouverture). Aucune forme de répétition sur ce disque brillant où l’inspiration ne se tarit jamais.

Outre l’utilisation sporadique et intelligente de la guitare, saxophone et clarinette font çà et là leur apparition (Steinholz et le merveilleux Negra Modelo en clôture). Cela a pour effet d’accroître la chaleur qui se dégage d’un disque d’une grande maturité où Sascha Ring ne se laisse jamais enfermer dans la mécanique des machines. Un morceau comme Schallstrom notamment, pour ne citer que lui, est de ce point de vue emblématique d’une volonté constante de diversifier le propos, de captiver l’oreille en superposant les couches et en y ajoutant des éléments organiques bienvenus, pour un résultat en tous points convaincant. On sera plus réservé sur Contradiction, peinant à voir dans les vocaux qui le submergent un apport décisif à une musique par essence instrumentale.

Voici donc un album touffu, long en bouche, dont plusieurs écoutes ne parviennent pas à épuiser la richesse. Assez différent de son prédecesseur, auquel il est permis de le trouver supérieur car témoignant d’une habileté plus grande sur le plan de la composition et de l’agencement des structures et textures, il occupera sans conteste pour longtemps une place de choix dans le rayon ’ambassade musicale d’outre-Rhin’.

Gilles Genicot
le 19/10/2004

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