Manual & Syntaks

Golden Sun

(Darla / Import)

 date de sortie

07/09/2004

 genre

Electronique

 style

Hip-Hop / Shoegazing

 appréciation

 tags

Darla / Hip-Hop / Manual / Shoegazing / Syntaks

 liens

Manual
Darla

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Prolifique, Manual sort son quatrième disque (et troisième long-format) en une quinzaine de mois et, pour la troisième fois, il s’agit d’une collaboration. Après l’album avec Icebreaker International et celui avec Jess Kahr, voici venu le temps, pour Jonas Munk, d’une association avec Syntaks. Si cet artiste danois n’a, pour l’instant, rien sorti sous cet alias, on connaît pourtant Jakob Skøtt car il fait partie, avec Jonas Munk et Jess Kahr, du fabuleux quatuor Limp. Ne manque donc plus qu’un disque avec Rasmus Rasmussen (Aerosol) pour que Manual ait fait des albums avec ses trois compères de Limp.

Séparé en deux parties, Nissarana et Sundazed, la première plutôt portée sur les rythmiques, la seconde sur les mélodies et les ambiances, Golden Sun surprend en intégrant massivement des pulsations et samples vocaux directement inspirés du hip-hop. Souvent intéressants (Adinava où les beats soulignent à merveille la mélodie), ces ajouts sombrent parfois dans la caricature comme dans Sal Paradise, sa rythmique basique et ses voix hachées. Pourtant, à l’image de la pochette déclinant une nouvelle fois (après Ascend, Isares et The North Shore) le thème du coucher de soleil paradisiaque, les inflexions naturelles de Manual ne sont pas complètement occultées et on retrouve toujours, en arrière-plan, les lignes aériennes de guitare, fortement imprégnées de l’héritage shoegazing, que le danois a su développer, souvent avec prestance. Ainsi, si Sal Paradise est handicapé par son versant hip-hop, son versant mélodique témoigne d’une savoureuse évanescence.
Cédant à la tentation d’inviter une voix féminine à participer à quatre des quinze morceaux de l’album, les deux musiciens danois la font évoluer dans un univers éthéré évoquant, évidemment, le label 4AD. Plus loin, on retrouve A Perfect Solitude, titre qu’on avait déjà pu entendre et qui s’avère un des plus réussis du disque : rythmique alanguie, atmosphère lascive, guitare langoureuse, éléments électroniques jamais superfétatoires. Enfin, Sunset Rider clôt le disque en reprenant tous les éléments utilisés précédemment : Maja Maria pose son timbre vaporeux sur des lignes de six-cordes et des notes célestes de synthé soutenues par une rythmique faite de scratchs avant que l’ensemble ne s’ébroue dans un final épique et enthousiasmant ; voilà ce qu’on aurait aimé entendre plus souvent sur cet album.

Malgré la présence de quelques morceaux vraiment séduisants, Golden Sun pêche donc par un certain manque de rigueur dans l’écriture qui se traduit par une succession de titres relativement semblables et peu emballants. Jonas Munk devrait peut-être se poser quelque temps, quitte à se faire désirer, plutôt que d’aligner de la sorte des disques qui, s’ils ne sont pas désagréables, ne marqueront pas les esprits comme avaient pu le faire ses deux premiers long-formats, sortis sur Morr Music.

François Bousquet
le 08/11/2004

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