V/A

Thrombose

(Thrombose Records)

 date de sortie

00/12/2004

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

ads[r] / Darky / Expérimental / GnG / Köhn / Kotra / Margrave Rudiger / My Jazzy Child / Peerspex / Thomas Tilly / Tô / Thrombose Records / Tin.rp / Tromb0ne

 liens

Thomas Tilly / Tô
Kotra
Peerspex
Margrave Rudiger
Tin.rp
My Jazzy Child
Tromb0ne
Thrombose Records
GnG

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Pour les blasés, les amateurs de sang neuf, ceux qui veulent faire des découvertes, il y a cette compilation, première sortie CD du label Thrombose, déjà producteur d’un CD-R de Margrave Ruediger. Créé autour d’une petite communauté (Tromb0ne, Margrave Ruediger, Tin.rp, The Guy Who Invented Fire, Moon) que l’on retrouve sur diverses compilations (qfg : de chez Parametric, Maniax chez 3Patttes), le label voit aujourd’hui plus grand, en invitant des artistes comme Kotra ou Köhn dans l’aventure.

Il s’agit d’une compilation, donc on aborde des styles différents, mais le tout reste absolument sans concessions, quitte à perdre du monde en route. Du coup la qualité est toujours là, que ce soit en electronica minimale ou ludique, en noise, tentatives hip-hop ou dub, ambient électro-acoustique, avec quelques belles surprises.
Justement, Analog & Digital Sound (r) qui ouvre le disque constitue une superbe découverte. Ce nom de projet décrit parfaitement ce morceau, mêlant synthé analogique (mélodie, nappe, basse) et un fin travail rythmique composé de claquements et bruits. On entre en douceur mais avec fermeté dans un disque franc et qui ne cherche pas à prendre l’auditeur par la main. Aussi, les choses se corsent avec Köhn et ses rythmiques décomposés, déstructurées, chaotiques et ses sifflements fracturés. Tromb0ne ensuite assemble des boucles de bruits et notes électroniques en évitant de créer la moindre rythmique ou mélodie. On restera alors sur le palier.

Chouette surprise par la suite avec My Jazzy Child que l’on a l’impression de retrouver il y a quelques années, abandonnant la pop pour une pièce expérimentale, une sorte de drone composé des multiples éléments qui formaient une courte mélodie d’introduction, le tout ponctué de quelques fractures.
Un peu de légèreté pour continuer avec les mélodies naïves de Darky qui emporte le tout dans des rythmiques épileptiques et GNG, avec une voix féminine qui semble tirée d’une émission TV au charme 80s.

Grosse surprise ensuite avec une sorte de revenant qui nous avait bluffé lors d’une soirée Evenement. Il s’agit de qui produisait une musique ambient à partir de divers objets dont il captait les sons en direct. On retrouve ici sa patte avec des souffles, des craquements, des grésillements, de l’eau qui coule... Et pour prolonger cet apaisement, deux autres artistes semblent oeuvrer dans un registre similaire, avec Tin.rp qui produit une ambiance nocturne, plus électronique que Tô, avec moultes sifflements, ululements et ronronnements. Poo quant à lui semble très proche de Tô, dans un registre mystique : tintements de mobiles, incantations lointaines, souffles, écoulements d’eau.

Pour les amateurs de bruit, on recommandera Kotra, un artiste ukrainien qui a sorti un album chez Nexsound, qui parvient à organiser ses craquements et grésillements de manière plutôt plaisante. Dans le genre, le morceau de Wunderlitzer nous paraîtra un peu plus classique, mais sa construction, alternant bruit pur et fields recordings (ambiance de bar, fête, rue) fonctionne plutôt bien. Toujours bruyant, mais avec l’option "industriel" enclenchée, on trouvera The Guy Who Invented Fire dont les percussions métalliques peinent à percer les bruits mécaniques, les cris et une basse omniprésente. On retrouve certaines de ces sonorités chez Margrave Ruediger, mais elles ne sont là que pour déranger une atmosphère ambient plutôt paisible.

Pour finir, des inclassables, ou des morceaux à part avec Lema et son drone électronique auquel se joignent des cuivres, des boucles de bruitages, des grésillements, et quelques notes de trompette improvisées. K.I.O.L. quant à lui revisite le dub de Pole, lui adjoignant mélodie répétitive et rythmique groovy pour notre plus grand plaisir, tandis que Peerspex devrait trouver son public auprès des amateurs de Funkstörung.
Et pour finir en beauté, un petit morceau d’électro-pop signé Rock’n Roll, un tube, léger, avec ses voix passées au vocoder mais une rythmique de batterie et une guitare acoustique...
Une manière de confirmer que chez Thrombose, on ne fait pas les choses comme les autres.

Fabrice ALLARD
le 05/03/2005

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