Esmerine

Aurora

(Madrona Records / Chronowax)

 date de sortie

16/05/2005

 genre

Rock

 style

Post-Rock

 appréciation

 tags

Esmerine / Madrona Records / Post-Rock / Saltland

 liens

Esmerine
Madrona Records

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Deux ans après le fabuleux If Only A Sweet Surrender To The Nights To Come Be True paru sur Resonant, le duo Esmerine revient avec Aurora, album sortant sur Madrona Records, leur propre label.

Rapidement, on retrouve avec plaisir ce subtil dialogue entre le violoncelle de Beckie Foon et la batterie de Bruce Cawdron mais, comme dans le premier album, l’échange musical ne se limite pas au dialogue évoqué ; plusieurs instruments à lames sont ainsi convoqués : métallophone dans Quelques mots pleins d’ombre, marimba dans Histories Repeating as One Thousand Hearts Mend et un glockenspiel carillonnant dans Ebb Tide, Spring Tide, Neap Tide, Flood. Dès lors, si la rencontre entre violoncelle et batterie est réussie, c’est lorsque d’autres instruments interviennent que la musique d’Esmerine prend véritablement toute son ampleur. La présence d’un piano dans Why She Swallows Bullets and Stones est, à ce titre, d’un profond ravissement tant ses suites rapides de notes se marient admirablement aux notes tenues du violoncelle. Par ailleurs, le duo n’hésite pas à intégrer des éléments électroniques, venant, par ces textures travaillées, apporter une densité certaine aux titres qui s’en voient pourvu.
Si, tout au long de l’album, la préférence d’Esmerine semble aller vers des morceaux plus apaisés, les Canadiens ne rechignent pour autant pas à développer quelques moments de tension, que ce soit dans la seconde moitié de Quelques mots pleins d’ombre (où la basse d’Harris Newman de Sackville et des percussions prennent part à un final entre free-folk et post-rock) ou dans le titre caudal (Le rire de l’ange). Ce dernier est en vérité un crescendo continu où la batterie se fait de plus en plus martiale, où le violoncelle rejoue indéfiniment la même boucle et où la guitare de Mike Moya (ce membre de Godspeed You ! Black Emperor, Molasses ou Set Fire to Flames qui est également derrière le projet Hrsta) place des traits saturés pour une apogée qui parvient à être à la fois librement bruitiste et musicalement tenue.

Constitué de titres très intéressants mais probablement trop court (six pistes et tout juste quarante minutes) pour emporter totalement l’adhésion (on est à peine pleinement rentrés dans l’album qu’il est déjà presque fini) comme avait su le faire le premier effort du duo, Aurora n’en demeure pas moins un album plus que convaincant.

François Bousquet
le 16/05/2005

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