Fifths of Seven

Spry from Bitter Anise Folds

(Disques du Soleil et de l’Acier / Chronowax)

 date de sortie

00/05/2005

 genre

Electronique

 style

Néo-Classique

 appréciation

 tags

Disques du Soleil et de l’Acier / Fifths of Seven / Néo-Classique / Saltland

 liens

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Nouveau projet dans lequel Beckie Foon (violoncelliste appréciée de ces pages via Esmerine, A Silver Mount Zion ou Set Fire to Flames) est partie prenante, Fifths of Seven est un trio unissant violoncelle, piano et mandoline dans un ensemble parvenant à être à la fois très écrit et laissant une large part à l’improvisation.

Ainsi, si les deux premiers instruments cités semblent évoluer sur un canevas bien établi, installant une structure mélancolique ou se faisant plus enjoués, la mandoline paraît, pour sa part, suivre, de manière plus ou moins libre, suivant l’inspiration de Rachel Levine, l’ambiance mise en place par ses complices. Elle peut alors, par exemple, produire des sonorités que l’imaginaire collectif associe à la Renaissance (il ne manque qu’un clavecin pour se plonger dans cet univers très caractérisé) (Rosa Centifolia). Si ces passages plus insouciants sont très sympathiques, on leur préférera pourtant les moments où l’atmosphère se fait plus soucieuse, la mandoline se met alors au diapason du violoncelle et du piano : ses notes se font plus espacées, les tonalités passent en mode mineur, le tempo est ralenti et les mélodies se font quasiment pleurantes (Out from behind the Rigid Bellows).
Flirtant fréquemment, dans ses tremoli, avec une certaine variété napolitaine de bas étage, la mandoline évite pourtant, à chaque fois, de sombrer dans cet écueil en ne tirant jamais complètement la couverture à elle, laissant toute leur place au piano et au violoncelle (Echoes From a Wandered Path). Parfois même, elle disparaît entièrement, abandonnant un morceau complet aux deux autres instruments (Waiting) avant de revenir plus altière encore pour des titres à la tension palpable derrière des accords de mandoline et traits de violoncelle (Cœur, Arteries and Veins, For you alone in the smoldering City).

Peut-être moins audacieux et témoignant d’une prise de “risques” moins grande que celle de ses autres projets (sauf dans le caudal Bless our Wandering Dreamers qui laisse une plus large place à l’expérimentation), Spry from Bitter Anise Folds confirme néanmoins l’importante place prise aujourd’hui par Beckie Foon dans cette musique située à mi-chemin entre le post-rock et la musique contemporaine.

François Bousquet
le 16/06/2005

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