Pour conclure cette édition hivernale, rendez-vous en ce dimanche dans la chapelle Saint-Sauveur pour le concert de l’Islandais Jóhann Jóhannsson. Déjà vu et apprécié a plusieurs reprises en concert, c’est tout à fait confiant et même déjà enthousiaste que l’on entre dans la chapelle malgré une discographie de qualité inégale...

En concert, pas de grosse surprise puisque l’on retrouve la formule électronique accompagné d’un percussionniste et d’un quatuor à cordes. Faire le lien avec Max Richter qui jouait la veille est fort tentant, mais ce serait une erreur. En effet, si ce dernier oeuvre véritablement dans le néo-classique, l’Islandais produit plutôt une musique ambient, plus électronique, marquée deci-delà de petites touches classiques, avec les violons bien sûr, mais aussi le piano à plusieurs reprises.
Ainsi ce sont des arpèges électroniques soyeux et cliquetis qui débutent le concert, bientôt rejoint par les cordes. Après le final limite noisy de ce premier titre, on passe à une pièce classique et minimaliste, aspirant à la contemplation suivi d’un travail sur l’atmosphère en diffusant d’étranges bruitages, ambiance lourde, séquence expérimentale. Jóhann Jóhannsson joue le chaud et le froid (oui je sais, c’est un peu facile quand on parle d’un artiste islandais...) en alternant calme acoustiques et tensions électroniques. Quelques vois passées au vocoder nous font passer à une ambient-pop, le jeu de piano, franc et sec apporte une certaine sévérité, tandis que le percussionniste donne de l’ampleur à certains titres qui prennent véritablement une nouvelle dimension. Les applaudissements redoublent généralement sur les pièces les plus enlevées.
Et puis logiquement, puisque son nouvel album, IBM 1401, A User’s Manual vient de sortir chez 4AD, nous aurons droit à un extrait de cette musique qui accompagnait le spectacle de danse du même nom avec la danseuse-chorégraphe Erna Ómarsdóttir.

La deuxième moitié du concert se déroule a peu près de la même manière, mais de façon symétrique : calme contemplatif, ambient pop et tension au piano, pour finir par des arpèges d’orgue très prog-rock allemand et finalement un virage très electronica quand les rythmiques prennent le dessus. Superbe final, très enlevé et largement applaudi afin d’obtenir un petit rappel. Dernier titre de musique classique, orgue et cordes, très abstrait au regard de l’ensemble du concert, et à rapprocher d’une musique de film.

Globalement un excellent concert, 1h15 pendant laquelle on naviguera doucement entre les ambiances dessinées par l’artiste. Le festival se termine ainsi, dans cette chapelle, avec un goûter d’adieu.

Fabrice ALLARD
le 18/06/2007

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