Siestes Electroniques 2007 : Angel / Robert Henke

 date du concert

27/06/2007

 salle

Cour de la DRAC,
Toulouse

 tags

Angel / Cour de la DRAC / Festival des Siestes Electroniques 2007 / Hildur Guðnadóttir / Ilpo Väisänen / Monolake / Robert Henke / Schneider TM

 liens

Monolake
Schneider TM
Angel
Robert Henke
Festival des Siestes Electroniques 2007
Hildur Guðnadóttir

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Rendez-vous régulier de ces pages, les Siestes Électroniques est certainement le festival le plus dans la lignée de ce site, Toulouse devenant alors une sorte de lieu de pèlerinage. Pour cette sixième édition, le principe a un peu changé. Au lieu d’un étalement sur deux week-end, le festival est ramassé sur cinq jours consécutifs. En semaine, une programmation un peu plus pointue pour des concerts dans la cour de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC), peut-être le signe d’une certaine reconnaissance pour ce festival. Le week-end, c’est la Prairie des Filtres qui remplace le Jardin Raymond VI, soit un espace beaucoup plus grand, mais nous verrons dans quelques jours comment se présente la chose.
Habitué aux concerts du vendredi dans des lieux d’exception (Chapelle des Carmélites, Auditorium St Pierre des Cuisines), on pouvait craindre d’y perdre en confort d’écoute avec cette année des concerts en extérieur. Le cadre quant à lui reste fort agréable avec une cour carrée formée par le bâtiment de la DRAC et l’Église de la Dalbade.

La soirée débute avec un concert très attendu puisqu’il s’agissait de Angel. On connaissait ce duo composé de Dirk Dresselhaus (Schneider TM) et Ilpo Väisänen (moitié de Pan Sonic) pour leur album sorti en 2002 chez Bip_Hop. Depuis un live au festival Transmediale, il s’agit maintenant d’un trio avec l’arrivée de l’Islandaise Hildur Guðnadóttir principalement connue pour sa participation à Múm et que l’on retrouve sur le tout dernier album de Pan Sonic. On était curieux de voir cette étrange formation en live, tout en gardant en mémoire la déception qu’avait provoqué en nous l’écoute de l’album éponyme d’un projet qui s’annonçait excitant sur le papier.
Sur scène, le Finlandais et l’Allemand derrière deux tables sur lesquelles reposent quelques machines. Au centre, l’Islandaise avec son violoncelle. Le ton est grave, la guitare saturée dominante, une certaine tension est présente, au sein de laquelle tentent de s’immiscer les cordes tristounes du violoncelle. Calme mélodique, tempête bruitiste, telle est l’alternance de tonalité. Parfois, mais un peu trop rarement, les deux se mêlent pour sortir de la stricte étiquette noise dans laquelle on pourrait être tenté de les enfermer. Plus riche que sur disque donc, et plus varié puisque sur le second morceau, Hildur Guðnadóttir abandonne son violoncelle au profit d’une cithare ou dérivé, et Dirk Dresselhaus change de type de guitare et aborde ce deuxième titre à l’archet. Les deux hommes produisent alors principalement des variations de nappes soyeuses pendant que l’Islandaise gratte les cordes de sa cithare avec plus ou moins de vigueur/rigueur. Dans les passages les plus tendus c’est elle qui donne le tempo, lors de quelques accalmies les mélodies prennent le dessus, et parfois le mélange de l’ensemble des éléments fonctionne à merveille.
Après une pause ils reviendront pour une deuxième partie où l’on retrouve le violoncelle et où on cernera aussi les limites de la formule. Certainement très improvisé, ce type de concert fonctionne globalement plus ou moins bien. Dans ce dernier titre, on trouvera le temps long, les éléments hésitent à se mettre en place, et parfois oui, on touche au sublime, mais bien trop rarement. Ce trio est intéressant, leur musique atypique, mais l’idée perd de sa force dans cette dissolution sonore.

Deuxième partie de soirée avec Robert Henke que l’on a déjà vu en début d’année au Centre Pompidou sous le nom plus connu de Monolake. Il nous présentait ici son projet à base de Buddha Machine chères au duo Fm3. Réorganisation complète du lieu, l’Allemand installé au centre de la cour, le public tout autour de lui, et 6 enceintes pour fermer ce cercle. Après quelques frayeurs suite à un problème technique, le concert peut débuter. Nappes ambient qui viennent de derrière, arrivent sur les côtés pour finir leur course devant nous. On est alors prisonnier du son, complètement enveloppé par ces nappes fermes, denses et puissantes. Le son est tout simplement impressionnant, les enceintes envoient leur souffle puissant sur le public et une tornade semble prendre forme au sein de l’Allemand qui à l’air satisfait du résultat au vu des sourires qu’il esquisse.
Effectivement, on ne parle là que du son puisque celui-ci était en grande part responsable de notre appréciation de ce concert. N’importe quel fan de musique ambient était aux anges ce soir. Par contre, difficile de s’extasier sur la performance live. On sera rassuré avec le deuxième titre qui évite les souffles planants pour des sonorités plus aquatiques tentant d’éviter une certaine facilité, mais la suite confirmera notre crainte. Nappes, jeu de filtres, basses inquiétantes, le résultat est très beau mais le moyen un peu facile.
Sur le dernier titre, quelques battements de basse bien lourds, des crépitements qui n’en finissent pas de prendre de l’ampleur tout en s’affinant, comme de petites aiguilles qui viennent vous piquer avant de se retirer. Un très joli voyage.

Fabrice ALLARD
le 28/06/2007

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