K.oZ / Merzbow

 date du concert

19/07/2007

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 tags

K.Oz / Merzbow / Palais de Tokyo

 liens

Merzbow
Palais de Tokyo

Peu après 21h, quand on rentre dans la salle de concert du Palais de Tokyo, K. oZ a déjà commencé à produire un boucan épouvantable. C’est très bien arrangé : des sons de larsens s’entrechoquent, reliés par une ligne de basse rapide. Il s’en dégage une énergie prenante. Comme un groupe de rock qui maltraite ses instruments à la fin d’un concert, mais plus vite. L’état de grâce dure plus longtemps que pour pas mal de groupes du même accabit, mais au bout d’une demi-heure, tout est quand même dit. Heureusement (?) qu’on a les amplis à regarder cramer les uns après les autres sous les assauts répétés des larsens... On sort, suivis dans les 10 secondes de K.oZ en personne. Va-t-il nous tirer les oreilles ? En avait-il marre lui aussi ? Pas du tout, cela fait simplement partie de son jeu de scène habituel, laisser tourner ses machines, puis retourner exécuter un dernier morceau.

Le temps d’aérer la salle et de vérifier quels amplis sont encore en état de fonctionner, et Merzbow commence son set. Comme lors des concerts chroniqués dans ces pages, il se sert de deux ordinateurs et d’une mixette. Mais la grande bonne nouvelle, c’est qu’il effectue un timide retour vers l’analogique. Il s’est fabriqué un petit boitier équipé d’un ressort et d’un micro, qu’il tient en bandoulière façon guitare, et qu’il triture avec ce qui ressemble à un couvercle de confiture (?) ou bien à un e-bow. Derrière, de nombreuses pédales d’effet : de la disto, de la disto, et surtout de la disto en fait. On n’ira pas jusqu’à dire qu’il ne se répète pas, il faut reconnaître que les possibilités de l’instrument sont assez limitées, mais du coup il y a un peu d’action sur scène, et c’est particulièrement bienvenu. La musique de Merzbow, c’est un peu comme les montagnes russes. En utilisant seulement les ordinateurs, il obtient des vrombissements qui enflent doucement, auxquels succèdent des accélérations vertigineuses quand il tape frénétiquement sur son boîtier. Et qu’on ne vienne pas dire que cette musique bruitiste est brutale et désespérée. Dans la moiteur du palais, les langues se liaient, les couples roulaient par terre enlacés, bref c’était le Summer of Love.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 02/08/2007

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