Mauro Antonio Pawlowski / Jessica Bailiff / Kaboom Karavan / Fieldings / Höôr

 date du concert

28/09/2007

 salle

Netwerk,
Alost

 tags

Annelies Monseré / Jessica Bailiff / Kaboom Karavan / Mauro Antonio Pawlowski / Netwerk

 liens

Jessica Bailiff
Mauro Antonio Pawlowski
Kaboom Karavan
Netwerk
Annelies Monseré

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Centre d’art contemporain situé à Alost (ville de 130 000 habitants, entre Bruxelles et Gand), le long de la Dendre, le Netwerk ressemble à ces espaces dynamiques que nous pouvons trouver à Poitiers (Confort Moderne) ou Dijon (Consortium). Offrant lieux d’expositions et résidences pour artistes, séances de cinéma régulières et concerts pointus, ces centres parviennent également à fédérer les énergies et à attirer un public qui ne se déplacerait pas forcément dans une salle de concert plus traditionnelle. De fait, on fut agréablement surpris par les quelques cent cinquante personnes présentes ce vendredi soir, pour une soirée consacrée au label gantois Glasvocht.

Kaboom Karavan, duo belge, fut le premier groupe à opérer. Pendant qu’un des deux membres alternait guitare et lap-steel, en passant par la douze-cordes, son comparse officiait au laptop, cognait sur une grande cymbale posée sur sa table ou jetait divers objets métalliques dessus. Il en résulta un drone perturbé et plutôt convaincant même si leur courte prestation (une vingtaine de minutes) aurait mérité plus amples développements.

Place ensuite à Fieldings qui ne se révéla, en réalité, pas être le nom du trio qui joua, mais du projet du vidéaste Wilfried Pulinckx. Utilisant une grande variété de supports (DV, DVD projeté sur le mur du fond, Super 8 diffusé sur de petites toiles, moniteurs TV empilés l’un sur l’autre au centre de la scène) et multipliant les surimpressions d’images, l’artiste vit ses créations accompagnées par une musique, allant de l’ambient à des passages plus noises (quand guitare et batterie se firent plus nerveuses), proposée par un trio installé sur le côté de la scène. Si l’interaction musique-visuels fut parfois un peu trop redondante (atmosphère sombre et taches noires, type test de Rorschach ; moments plus contemplatifs et lent défilé de paysages), on releva cependant le caractère assez ambitieux du projet.

Changement d’ambiance avec le set suivant puisque deux frêles jeunes femmes prirent place sur scène : Jessica Bailiff et Annelies Monseré. En tournée au Benelux à l’occasion de la sortie sur Morc, autre label gantois, d’une compilation de raretés, la première était à la guitare, tandis que la Belge la secondait au violoncelle, à la guitare ou au clavier. Piochant dans une bonne partie de son répertoire (de ses récents enregistrements à de plus anciens albums), l’États-unienne offrit même deux morceaux extraits de l’album de Clear Horizon (son projet mené avec Dave Pearce de Flying Saucer Attack). Souvent délicate et folk, la musique de Jessica Bailiff sut également se faire plus rageuse, par le biais d’une distorsion habilement utilisée (Shadow), ou plus proche du shoegazing quand Annelies Monseré utilisa son petit clavier pour installer une nappe (Fields). Au bout d’une demi-heure d’un set où on regretta la brièveté de certains titres, on ne put toutefois que saluer la nouvelle performance très convaincante de la chanteuse de l’Ohio.

Tête d’affiche de la soirée, Mauro Antonio Pawlowski est de ces musiciens qui enchaînent les sorties discographiques comme des perles et déplace toujours un quarteron de fidèles. Intrigué par sa personnalité, on était content d’enfin le découvrir sur scène. Sa prestation débuta par une distribution de cris d’animaux à certaines personnes du public, leur demandant de les effectuer à tour de rôle, pendant que lui sera à la guitare. Livrant un set typique de musique solo improvisée, le Belge joua donc pendant que, de la salle, provenaient caquètements et bruits saugrenus. Au bout d’une dizaine de minutes, il quitta l’estrade, fier et légèrement suffisant, cependant qu’on s’interrogeait sur la part de génie et de n’importe quoi d’un tel concert. Revenant après quelques minutes sur scène, Mauro Antonio Pawlowski y fut rejoint par Teun Verbruggen qui s’assit derrière sa batterie. Les deux compères, agissant sous le nom d’Höôr, livrèrent alors une partition free-rock bruitiste, largement éprouvée par ailleurs, qui nous fit quitter la salle sans tarder.

François Bousquet
le 01/10/2007

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