Soirée Ritornell : Akira Rabelais - Ekkehard Ehlers - Stephan Mathieu

 date du concert

20/06/2002

 salle

Batofar,
Paris

 tags

Akira Rabelais / Batofar / Ekkehard Ehlers / Stephan Mathieu

 liens

Stephan Mathieu
Batofar

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Une soirée autour du label Ritornell, division de label Mille Plateaux qui nous présente ce soir trois artiste que l’on découvre pour l’occasion.

C’est Akira Rabelais qui débute, s’installant derrière son laptop posé sur une table entourée d’une toile sur laquelle se trouve une projection de la Terre tournant sur elle-même. Il nous dit deux mots sur le logiciel qu’il utilise avant de passer à la pratique avec un premier titre dans un style musique improvisée, basé sur de courte phrases aux consonances très jazzy mais devenant de plus en plus vaporeux. Ce changement servira d’introduction au morceau suivant, ambient et atmosphérique. Des voix angélique se mêlent à des souffles créant une ambiance cotonneuse, douce et apaisante. Il n’y a rien a voir sur scène, et une bonne partie du public fermera les yeux et se concentrera sur cette musique.
C’est un piano qui prendra le relais, seul, au son un peu métallique et plein de reverb. On pense alors à Music for Airports de Brian Eno puisque cet album possède cette même alternance entre piano solo et voix, tout en étant dans le même style. Les voix sont de retours pour deux morceaux très différents. Tout d’abord une version plus torturée de ce que l’on a entendu précédemment, sans le souffle mais avec des effets qui rende le voix plus métallique. Celle-ci prend des intonations étrange, semble tournoyer. Le morceau suivant nous surprendra un peu plus puisqu’a s’apparentant fortement à des chants religieux, toujours produit par l’ordinateur. Une voix d’abord, de dédoublant ensuite pour créer des choeurs, transformant le Batofar en cathédrale.
Pour conclure un dernier titre au son de piano complètement déformé, plus abstrait.

Si Akira Rabelais nous avais déjà bien préparé, Stephan Mathieu a fini de nous mettre en apesanteur. Souffles et crépitements pour commencer jusqu’à ce que d’autres composantes se joignent, se mélangent pour ne former plus qu’une texture qui évoluera très lentement pendant près de 25 minutes. Là aussi on navigue en plein terrain ambient mais dans un style plus dense. Les membres du public qui avait résisté lors de la première partie sont maintenant affalés par terre et rêvent éveillés tandis que ceux qui trouvent cette musique ennuyeuse quittent la salle.
En guise de conclusion, un deuxième morceau très épuré, une mélodie à la fois lente et syncopés au son électronique, ressemblant étrangement à un des éléments qui composait la texture principale de ce set.

On terminera avec Ekkehard Ehlers. On change complètement de style avec des expérimentations d’un tout autre genre et des influences plus variés. Son mélange de sons concrets (chants d’oiseaux en guise d’introduction), de styles musicaux divers (jazz, ambient, expérimental) et de samples de voix, des dialogues, nous donne l’impression d’écouter la bande son d’un film, nous transportant dans un cabaret des années 50 jusque dans un ville futuriste et sombre à la manière de Blade Runner pour terminer de façon plus expérimentale avec des glissements d’archet grinçant.
La variété des styles de cette dernière prestation pourra en rebuter quelques-uns car on peut ne pas aimer une partie de ce concert qui clôtura magnifiquement cette soirée.

Fabrice ALLARD
le 30/06/2002

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