Library Tapes / Sylvain Chauveau + Félicia Atkinson / Forestflies

 date du concert

20/11/2007 & 22/11/2007

 salle

Java,
Paris

 tags

David Wenngren / Félicia Atkinson / Forestflies / Fugues / Java / Je Suis Le Petit Chevalier / Library Tapes / Sylvain Chauveau

 liens

Sylvain Chauveau
Library Tapes
Fugues
Forestflies
Java
Félicia Atkinson
David Wenngren
Je Suis Le Petit Chevalier

Pour sa première tournée française, David Wenngren se dédouble. En effet, seul aux commandes de Library Tapes depuis le départ de Per Jardsell, il propose des concerts de cette formation, mais aussi de Forestflies, son projet solo. Dans la plupart des villes qu’il traverse, ce sont donc deux prestations différentes qui sont réalisées ; pour Paris, deux jours et deux salles différents sont ainsi sollicités.

Première étape à la Java, salle de Belleville récemment réouverte et que l’on découvrait pour l’occasion. Peu après 21 heures, le Suédois prit place sur scène, côté jardin, assis derrière un grand clavier et un laptop, pendant que des projections étaient diffusées en boucle sur un écran disposé au centre de la scène. Mêlant, comme sur ses disques, notes de piano mélancolique et grésillements ou nappes plus enveloppantes, David Wenngren réalisa une dizaine de titres malheureusement trop courts (autour de trois minutes chacun). Partant, difficile de véritablement pénétrer la musique de Library Tapes, même si l’enchaînement sans pause des titres créait un continuo musical plutôt réussi. Insérant par moments une guitare acoustique traitée ou des cordes samplées, le Suédois produisit un set dans lequel on salua des projections particulièrement bien choisies. Succession de toits de maisons, de cimes d’arbres dénudés et de sommets de pylônes, celles-ci eurent en effet le bon goût de n’être ni trop redondantes, ni démesurément hors-sujets ; qualités suffisamment rares pour être dûment soulignées.

Le temps de changer le plateau et de descendre l’écran et Sylvain Chauveau et Félicia Atkinson s’installèrent. Régulièrement évoqué dans ces pages pour ses prestations solo, avec l’Ensemble Nocturne, au sein d’Arca ou de Micro:Mega, le Toulousain d’origine ne l’avait jamais encore été pour cette collaboration. Active depuis quelques années déjà, celle-ci va prochainement donner lieu à un album où la musique de Sylvain Chauveau rencontrera les écrits de Félicia Atkinson. Précisément, le concert de ce soir unissait les boucles de guitare de l’un et le spoken word de l’autre. Du premier, on retrouvait les qualités de son jeu (fade in créés en jouant sur les potentiomètres de son instrument, nappes réconfortantes, boucles mélodiques superposées) agrémenté de quelques tapotements programmés ; de la seconde, on découvrait un parlé-chanté naviguant, au sein du même titre, de l’anglais au français. Insérant quelques instrumentaux dans leur prestation, les artistes s’y firent moins convaincants, associant glockenspiel et guitare ou bien vrombissements réalisés avec le tranchant de la main sur la guitare par Félicia Atkinson et jeu au mélodica de Sylvain Chauveau. Pour terminer ce set, un peu à la manière de ses reprises de Depeche Mode, ce dernier s’essaya au chant, qu’il maîtrise de mieux en mieux au demeurant, pour reprendre Running Up That Hill de Kate Bush. Le souvenir du refrain, dans lequel la voix de Sylvain Chauveau se fit à la fois chaleureuse et légèrement désespérée (au service des paroles : « And if I only could/ Make a deal with God/And get him to Swap our Places/Be Running up that Road/Be Running up that Hill/Be Running up that Building »), nous habita alors plusieurs minutes après être sorti de la salle.

Deux jours plus tard, direction Le Monte En l’Air, mais pas dans le jardin attenant comme en septembre dernier pour d’autres soirées organisées par Fugues, mais dans une petite pièce, ancienne loge de concierge, jouxtant la librairie. Face à une vingtaine de personnes, David Wenngren prit à nouveau place derrière son grand clavier, son laptop à ses côtés, pour une prestation de Forestflies cette fois-ci. Les premiers morceaux nous laissèrent pourtant penser qu’il s’agissait là d’une resucée du set de Library Tapes : nappes grésillantes, notes de piano éparses et titres plutôt courts. Pourtant, après une petite dizaine de minutes, le musicien s’attela à nous livrer une pièce plus spécifiquement ambient composée d’une plage allant crescendo, d’éléments de saturation progressivement insérés, d’une petite mélodie issue d’une boîte à musique et des crépitements réalisés en direct. Suffisamment différente de ses autres morceaux, sans pour autant bouleverser complètement son univers, ce titre justifia alors la prestation de ce soir et permit donc d’identifier précisément les différences entre les deux projets du Suédois.

François Bousquet
le 01/12/2007

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