Une affiche étonnante ce soir au Café de la Danse, nous permettant de retrouver deux groupes que l’on suit régulièrement. Les vieux Legendary Pink Dots d’une part avec leur premier concert parisien depuis la tournée de leur 25 ans d’existence, et le duo Winter Family d’autre part, découvert dans cette même salle il y a un an et demi.

La salle n’affiche pas complet mais les places assises sont bien occupées lorsque Winter Family entre en scène. Nappes d’harmonium, piano lourd, voix grave, on retrouve tout de suite l’ambiance sombre et douloureuse que dégage leur musique. Après les petites déceptions provoquées par leurs concerts dans des églises avec un travail un peu plus conceptuel sur le mélange des religions, on retrouve ici tous les éléments qui nous avaient subjugués lors de leur découverte : envolées de piano (tellement plus efficaces que les orgues), flow des textes déversés comme un trop plein, tensions incroyables et brusques retours au calme, l’apaisement. La première fois, c’est un choc qui, effet de surprise aidant, s’avère assez brutal. Plus d’un an après, l’effet de surprise n’est plus là, mais le duo a su évoluer en douceur pour travailler plus encore sur ces éléments. Maintenant, Ruth Rosenthal marque le tempo avec un tambour augmentant les contrastes entre calme et fureur, augmentant les nuances de tempo, provoquant des cassures plus brutales encore. On ajoutera à cela de nombreux morceaux que l’on n’avait jamais vu interprétés sur scène, et quelques pièces récurrentes, comme ce Salted Slug à l’interprétation moins heureuse ce soir, étrangement moins contrastée que de part le passé.
Après le concert à l’église Ste Elisabeth de Hongrie qui nous avait laissé sur notre faim, ce fut un véritable plaisir de retrouver Winter Family ce soir, et une magnifique première partie pour les Pink Dots.

On enchaîne donc avec les légendaires qui, depuis 27 ans, restent fidèles à eux mêmes, et tiennent toujours la route grâce au charismatique Edward Ka-Spel et a leurs fidèles fans. Si sur scène, le spectacle est peut-être un peu moins impressionnant que part le passé, le groupe garde toujours un petit côté théâtral que l’on retrouvera ici lors de l’introduction du concert. Sur l’ensemble de la tournée, Ka-Spel s’adapte à son public, au pays dans lequel ils jouent, et il commence par reprendre l’Ancien Testament dans une version orientée nourriture, pleine d’humour histoire de se décontracter, et le concert débute par un titre plutôt enjoué avant de passer au Peace of Mind de leur dernier CD édité à ce jour (Your Children Placate You From Premature Graves). Arpèges au synthé bien marquées, flûte traversière, la douceur de ce morceau colle parfaitement à son propos avant de sombrer dans des ambiances un peu plus noires de ce qui semble être de nouveaux titres, Ka-Spel s’efface sur de longs passages instrumentaux où The Silverman (claviers) et Niels van Hoorn (saxo) ont la part belle. On notera ici aussi l’importance du guitariste (Martijn De Kleer), généralement plus discret, qui laisse son instrument prendre le dessus, et que l’on retrouvera un peu plus tard à la guitare acoustique.
La suite défilera très vite avec No Matter What You Do qui se termine en une longue improvisation instrumentale et bruitiste, puis retour au début des années 90. Just a Lifetime tout d’abord, 17 ans d’âge mais pas une ride et qui doit avoir une place particulière dans le coeur des fans si on se réfère aux sifflements et cris dès les premières notes. On reconnaîtra que la mélodie fait forcément mouche. The Grain Kings ensuite, extrait de The Maria Dimension (1991), moins immédiat, mais très représentatif de l’ensemble du travail des Dots. Celui-ci achèvera une heure de concert, qui se poursuivra par un petit rappel de deux titres sans grande surprise, mais jouant plutôt bien leur rôle avec I Love You In Your Tragic Beauty dans une version épurée à la guitare acoustique, et l’enjoué Princess Coldheart pour se dire au revoir.

L’affiche pouvait effectivement surprendre, mais se trouvait finalement assez cohérente dans la tonalité. Nous fûmes en tout cas comblé du début jusqu’à la fin !

Fabrice ALLARD
le 30/12/2007

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