Sons d’Hiver 2008 : Pool Players

 date du concert

05/02/2008

 salle

Espace Jean Vilar,
Arcueil

 tags

Arve Henriksen / Espace Jean Vilar / Pool Players

 liens

Arve Henriksen

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Après une première prestation à Banlieues Bleues en 2005, c’est à Sons d’Hiver, l’autre grand festival de jazz francilien et hivernal, que se produit cette année Pool Players. Quatuor aux confins de l’électronique et du jazz, cette réunion des Scandinaves Arve Henriksen et Lars Juul et des Français Benoît Delbecq et Steve Argüelles promettait beaucoup.

Devant un public assez nombreux installé dans l’accueillant Espace Jean Vilar d’Arcueil, le groupe prit place et Lars Juul commença à jouer de la batterie à mains nues, caressant directement ses toms, frappant légèrement ses cymbales tandis que le piano de Benoît Delbecq se faisait soyeux et ample. Dans le même temps, le Français arrondissait encore plus les angles en proposant des notes de violoncelle samplées, émanant d’un clavier-séquenceur. Assis au milieu de la scène, Steve Argüelles enregistrait en direct ses compères et reproduisait leurs sons avec quelques secondes d’écart pendant qu’Arve Henriksen, comme à l’accoutumée, explorait les diverses possibilités de sa trompette : avec ou sans bec, avec ou sans sourdine, lignes mélodiques ou petits sons plus stridents, timbre musical ou souffle atone. Lorsque le Danois s’empara de balais, l’ensemble se fit plus énergique, accompagné d’un jeu du piano plus martial et plus dirigé vers les graves.

Lentement, la formation évolua vers des ambiances proches du free-jazz, sans pour autant tomber dans les travers démonstratifs du genre (à l’inverse de Fieldwork, trio qui opéra ensuite et se perdit dans la virtuosité tape-à-l’œil et monotone). Enfin, dans la dernière partie de ce set d’une heure et quart, Benoît Delbecq pinça quelques cordes de son piano à queue, utilisa un balai de batterie pour jouer directement sur celles-ci alors que le Norvégien s’écarta de sa trompette pour proposer un chant en voix de tête assez déconcertant dans un premier temps mais vite intéressant du fait de sa cohérence avec le reste de la musique offerte par le quatuor. Si l’apport de l’électronique de Steve Argüelles fut difficilement perceptible, au-delà de quelques triturations et des sampling et delay évoqués précédemment, sa présence renforçait sans conteste un groupe dont on attend à présent avec impatience le premier album, prévu pour avril.

François Bousquet
le 06/02/2008

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