Présences Electronique 2008 : Aki Onda / Chris Watson + KK. Null + Z’ev / Phonophani + Christophe Ruetsch

 date du concert

27/03/2008

 salle

Maison de la Radio,
Paris

 tags

Aki Onda / Chris Watson / Festival Présences Electronique 2008 / INA / GRM / KK Null / Maison de la Radio / Phonophani / Z’EV

 liens

KK Null
Phonophani
Chris Watson
Aki Onda
INA / GRM
Z’EV

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Rendez-vous était pris comme tous les ans en cette fin de mois pour le festival Présences Électronique à la Maison de la Radio, et organisé par l’INA/GRM. Le principe reste le même, à savoir mêler au sein d’une même soirée grands noms des musiques dites savantes et plus ou moins jeunes pousses des musiques électroniques expérimentales actuelles, nous permettant de retrouver cette année entre autres Colleen, Matmos, Portradium, Kaffe Matthews, Phill Niblock ou encore Maja Ratkje qui clôturait le festival.

En guise d’ouverture, hommage était rendu à Pierre Schaeffer, sans qui ce festival n’existerait pas, ou en tout cas pas sous cette forme puisqu’il est à l’origine de l’INA et du GRM (Groupe de Recherches Musicales). C’est une pièce de 1959, Étude aux objets qui était interprétée ce soir. Pure musique concrète, cette œuvre d’environ 17 minutes est un collage d’abord aéré de sons concrets, bien distincts, répartis sur tout l’espace sonore grâce à la diffusion spatialisée propre au festival. Petit à petit des interactions apparaissent entre les sons de plus en plus denses, quelques uns sont purement électroniques, d’autres sont déformés avant que petit à petit chacun ne reprenne sa place.

On passe ensuite à une musique purement électronique avec Pascal Balthazar, un jeune homme qui s’est déjà fait un petit nom, ayant reçu quelques prix dans divers concours, et participé à de nombreux festivals. Pascal Balthazar travaille notamment sur le rapport intime entre gestuelle et création musicale, quelque chose que l’on pourrait croire en voie de disparition avec l’arrivée de l’informatique musicale qui cantonne l’artiste derrière un clavier. La musique live, nécessitant une réelle interactivité, de nouvelles interfaces voient le jour régulièrement. Pascal Balthazar développe ses propres instruments, et se produit ici avec une tablette graphique. En posant son stylo, des espèces d’explosions de micro sonorités électroniques éclatent. Une musique particulièrement fine qui évoluera petit à petit vers une certaine tension, mais une performance scénique pour le moins énervante. En effet Pascal Balthazar appuie tous ses gestes, s’emporte dans de grands mouvements inutiles, jusqu’à en devenir presque théâtral, alors que musicalement c’est le genre de production dont nous sommes plutôt amateur.

C’est ensuite au tour du norvégien Phonophani et du français Christophe Ruetsch, deux artistes qui se sont rencontrés l’an dernier à l’occasion du festival de la Nuit Bleue. Ils ont composé ensemble la pièce Taiga Taïga qu’ils interprétaient ce soir. Étrangement, la tablette graphique est de retour, utilisée par le Français. Espen Sommer Eide frappe deux bout de bois qui servent de déclencheurs, les machines interprétant ces sons pour en créer de nouveaux. Il passera ensuite à la flûte MIDI, puis manipulera deux périphériques pour générer de nouvelles sonorités. On aura malheureusement un peu de mal à apprécier la part du travail de Christophe Ruetsch, mais les deux artistes parviennent à créer un subtil équilibre entre expérimentations et éléments mélodiques ou rythmiques faciles à appréhender, avec une dimension live qui permis de garder aisément l’attention du public.

Après l’entracte, on retrouve Aki Onda que l’on découvrait il y a quelques années aux Instants Chavirés. C’était donc un plaisir de le revoir ici avec ses walkmans et dictaphones. En 2004 on l’avait vu très volubile, bougeant dans tous les sens, accompagnant ses scratchs sur cassette de grands mouvements. C’est un tout autre Aki Onda qui se produisait ce soir, très posé, passant plus de temps à travailler les sons délivrés, les transformant subtilement plutôt que de faire un mix dense, fait de cassures et collages sonores. Il en résulte une musique beaucoup plus calme, prenant le temps de créer des atmosphères, de mêler les influences du monde entier, pour un excellent set que l’on qualifiera d’ambient concrète.

On terminera avec un trio d’artistes qui se produisent habituellement en solo. On connaît bien Chris Watson pour ses field recordings publiés chez Touch, on connaît moins bien le japonais KK. Null et l’américain Z’ev, si ce n’est de part leur approche industrielle. Ils interprétaient ce soir Number One, un album publié en 2005 chez Touch, une œuvre découpée en cinq partie, comme dans le théâtre Nô. Sur scène, on sera un peu perturbé par cette formation mêlant les basses saturées de KK. Null, les percussions acoustiques et subtiles de Z’ev, et surtout les field recordings de Chris Watson joués très fort, peut-être même transformés, rendant difficile l’appréciation de la pièce dans sa globalité. Pas convaincu par le mélange des trois univers, ce concert nous aura au moins donné envie d’en savoir un peu plus sur les travaux en solo de KK. Null et Z’ev.

Fabrice ALLARD
le 07/04/2008

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