To Live And Shave In LA / Allun

 date du concert

20/05/2008

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

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 liens

Allun
Instants Chavirés
To Live And Shave In LA

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Au programme ce soir aux Instants Chavirés, des retrouvailles puisque c’était l’occasion de revoir Allun que l’on découvrait en 2002 au Batofar. L’occasion ensuite de rattrapper notre retard en découvrant To Live and Shave in LA.

C’est sur un rock sauvage que les trois jeunes femmes de Allun arrivent dans la salle en se poursuivant les unes les autres, deux d’entre elles affublées d’un masque de lapin rose, la dernière n’étant pas plus vêtues qu’un sumo. Cette dernière se fait capturer et enfermer dans une cage-cube en plexiglas tandis que les deux victorieuses prennent place sur scène, Stefania Pedretti (par ailleurs membre de OVO) à la guitare, Natalia Saurin aux jouets, ustensiles de cuisine et platine CD. Leur musique est plutôt atypique, empruntant beaucoup à l’enfance : les jouets, une voix tour à tour aigüe et capricieuse puis grave, comme imitant un monstre tout droit sorti d’un conte. L’impression aussi de voir des enfants pas sages dans leur chambre pendant que les parents écoutent de la musique classique dans le salon puisque quelques samples apparaissent de temps à autre, quelque part entre tubes de la musique classique et comptines. Mais le tout est fait dans un esprit finalement très rock expérimental de part le jeu de guitare de Stefania, principalement axé sur la production de bruits, grincements, crissements et riffs saturés. Natalia y apporte un côté ludique armée de ses deux mixeurs, d’un canard musical, d’un dentier qui claque ou encore d’un poulet couineur en caoutchouc. Le tout est tenu par un enrobage théâtral avec cette mise en scène, cette enfant enfermée dans sa boîte et qui devient le jouet des deux autres qui ne cessent de la narguer, pour finalement la libérer et quitter la scène dans la joie et la bonne humeur.
Si l’esprit était à peu près le même, on trouva ces jeunes femmes un peu plus sages qu’en 2002, mais aussi un peu plus rock que dans notre souvenir, peut-être en raison de la disparition du laptop...

Le temps de prendre un peu l’air, et on entend To Live And Shave In LA faire sa balance. On sait déjà que niveau puissance sonore, il y aura ce qu’il faut. Formation bien trop rock pour nous, on ne connaissait donc pas ce groupe avant ce soir alors qu’ils ont plus de 15 ans d’existence, avec un break de 3 ans entre 2000 et 2003. Mais s’agissant d’un groupe de rock qui base son travail sur l’improvisation, la découverte en live de TLASILA nous apparaît somme toute assez logique. Par nature, il n’y a pas vraiment de formation définie, mais sur cette tournée Tom Smith, fondateur du groupe, est entouré de Andrew Barranca (également connu en tant que Gaybomb) au lecteur de cartes magnétiques, du Hongrois Balázs Pandi (ayant déjà collaboré avec Venetian Snares) à la batterie, et du belge Sickboy Milkplus (Jurgen Desmet de son vrai nom) au laptop. Un jeu de batterie sec jouant sur les changements de tempo extrêmes, allant du silence au torrent percussif, des bruitages plus ou moins bruyants grâce au lecteur de cartes magnétiques (format billets de train SNCF), et un jeu plus haché provenant du laptop avec effets de syncope, brèves textures, ou plus classiquement grosses rythmiques technoïdes venant apporter profondeur à la batterie. Là dessus, Tom Smith n’utilise que sa voix, déclamant, scandant ses textes avec puissance. Charismatique, délivrant un flow quasi ininterrompu de près de 45mn, il semble appeler naturellement l’adhésion, mais ce soir c’est la formation toute entière qui était de la fête, à fond, chacun donnant tout ce qui lui restait d’énergie pour cette dernière date de leur tournée européenne de plus d’un mois et demi.
Le résultat était là, puissant, tendu, captivant.

Fabrice ALLARD
le 25/05/2008

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