White/Lichens / James Blackshaw / Aymeric Hainaux

 date du concert

27/05/2008

 salle

Mains d’Oeuvres,
St Ouen

 tags

Aymeric Hainaux / Boss Kitty / James Blackshaw / Lichens / Mains d’Oeuvres / White/Lichens / White/Light

 liens

Mains d’Oeuvres
James Blackshaw
White/Light
White/Lichens
Aymeric Hainaux
Boss Kitty

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Rendez-vous était pris pour ce qui serait notre dernier concert du mois organisé par la structure Boss Kitty que l’on découvrait à cette occasion. L’occasion pour nous de revoir James Blackshaw que l’on découvrait il y a un an, et de voir sur scène le projet White/Lichens qui nous avait plutôt convaincu à l’écoute de quelques titres en écoute sur le net.

La soirée débute avec Aymeric Hainaux que l’on ne connaissait pas avant cette performance. Pour avoir écouté quelques titres avant de faire le déplacement, on s’attendait simplement à un set de human beatbox ce qui ne nous donnait que moyennement envie. Heureusement pour nous ce jeune artiste ne se cantonnait pas uniquement à cela. D’une voix timide et éraillée, il demande tout d’abord un verre d’eau et on ne sait si c’est en préparation de son set ou pour prévenir d’un malaise. Grandes respirations venant du ventre, les sons ont du mal à sortir, et l’attitude de l’artiste étonne, donnant l’impression de souffrir, mais aussi de trop en faire, de surjouer, ce qui aura tendance à très vite nous irriter. Et puis finalement assez rapidement c’est sa musique qui prend le dessus avec un style bien à lui, et en tout cas qui ne reste pas scotché aux clichés hip-hop attendus quand on parle de human beatbox. Son set apparaît comme très destructuré, reprenant son souffle sans arrêt, provoquant cassures et silences. Un micro devant la bouche, un autre plaqué contre sa gorge, il parvient à imiter plusieurs percussions simultanément, breakbeats dont le tempo nous rapprochait du breakcore. Petite mise en scène ensuite, uniquement éclairé par une lampe torche, l’ombre de son corps maigre se projetant sur l’écran, on voit là encore comme une insistance sur le corps, vu comme une carcasse limitante mais dont il se sert pourtant afin de produire sa musique. On aura justement l’agréable surprise de le voir dans un autre registre, douce mélodie d’harmonica, martèlement du pied sur le sol de telle manière qu’il devait se faire mal, sa voix se mêlant alors aux sons de l’instrument. On sortira de ce concert avec une impression mitigée, un sentiment d’étonnement, entre l’irritation du jeu de scène et une musique inattendue, avec en même temps l’appréciation de cette human beatbox insistant sur le côté humain, le corps en tant que machine faillible.

Après avoir disserter devant une bière sur la performance du jeune français, on se dirige de nouveau dans la salle, cette fois sans surprise puisque c’était au tour de James Blackshaw que l’on avait déjà pu apprécier aux Instants Chavirés il y a tout juste un an. Cette chronique fait donc aussi office de rattrapage puisque nous n’avions malheureusement pas pris le temps de parler de cette soirée. De toute façon les deux chroniques auraient été identiques : virtuose de la guitare à 12 cordes, le jeune Anglais déroule ses arpèges et mélodies lumineuses avec une apparente facilité déconcertante. Affalé sur sa chaise, caché derrière ses cheveux, nous regardant parfois de travers, il a l’air de mettre autant de cœur dans sa musique qu’un joueur d’accordéon dans le métro parisien. Du coup au bout de deux titres d’arpèges répétitives, son ennui se fait communicatif. On aura tendance à préférer les morceaux suivants, quand des arrangements mélodiques un peu moins conventionnels se feront jour, ou encore quand son jeu se fera plus contrasté, appuyant sur quelques accords. A vérifier avec sa production discographique, mais on aurait tendance à dire que ce type de concert n’apporte rien de plus qu’un CD. On passe un moment certes agréable avec une musique douce à l’oreille, et sans la moindre aspérité.

Ce fut ensuite pour nous une découverte en live du duo américain White/Lichens formé par Jeremy Lemos de White/Light et Robert Lowe qui mène son projet Lichens. Le premier à gauche est debout derrière quelques machines : harmonium, synthé et effets. A droite, Lichens est assis, une guitare en main. Comme on s’y attendait, ils délivrent une musique très calme, ambient d’abord basée sur des souffles et nappes de guitare, les variations les plus évidentes provenant de la guitare, Lichens jouant quelques notes qu’il fera swinguer avec sa pédale, provoquant des slides aux teintes blues, ou utilisant un e-bow pour ajouter des nappes mélodiques. C’est ensuite l’harmonium qui tient une place prépondérante avec un son chaleureux et répétitif tandis que Lichens apportera de graves glissandos avec sa guitare. Au bout de 25minutes environ, Jeremy Lemos quitte le devant de la scène et laisse Lichens seul pour un titre en solo d’un bon quart d’heure. Uniquement à la voix, Rob Lowe utilise ses pédales d’effet et sampling pour empiler les couches sonore. Gazouillis d’oiseaux d’abord, puis quelques strates de chœurs, et enfin un chant habité, tour à tour fragile et puissant, haut perché et déchirant, puis grave et profond. Dans la salle c’est le silence complet, l’artiste semblant imposer un certain respect. Ca fait bien longtemps qu’un concert ne nous avait pas provoqué ce genre de sensations. A voir absolument !

Fabrice ALLARD
le 01/06/2008

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