Throbbing Gristle / Pan Sonic

 date du concert

06/06/2008

 salle

Grande Halle de la Villette,
Paris

 tags

Coil / Grande Halle de la Villette / Ilpo Väisänen / Mika Vainio / Pan Sonic / Throbbing Gristle

 liens

Pan Sonic
Mika Vainio
Coil
Grande Halle de la Villette
Throbbing Gristle

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Événement musical de l’année (si ce n’est plus) annoncé de longue date en raison de la présence sur scène de la formation culte Throbbing Gristle, cette soirée n’était pourtant pas complète le jour même. Connaissant à peine le groupe, on était là ce soir pour une découverte en live, comme cela nous arrive souvent, avec en plus le plaisir de revoir Pan Sonic dont on parle régulièrement sur ces pages et dont on n’attendait du coup aucune surprise.

L’arrivée sur les lieux nous permet d’apprécier un public bigarré, avec bien sûr une forte dominante de looks goths et indus, et tous les amateurs de musiques électroniques, fans ou curieux. On devine des mélodies synthétiques sucrées dans la salle, c’est Viva and the Diva mené par Sir Alice qui officie. Quand on entre dans la salle, le ton a changé, plus rock, sombre, paroles scandées, parfois en allemand et revenant à deux ou trois reprises à des morceaux nettement plus calmes, lents à forte dominante électronique. Pour autant, cette prestation restera pour nous anecdotique, ne nous donnant pas particulièrement envie de creuser le sujet.

On passe donc à Pan Sonic, Mika et Ilpo sur le devant de la scène avec leurs machines analogiques, grand écran en fond de scène pour les habituelles projections oscilloscopiques. On est tout de suite surpris par la puissance du son et l’efficacité de leur premier titre mêlant rythmiques brutes et dansantes et textures bruitistes. Le suite se compliquera un peu avec un duo qui ne cherche pas à rester sur ces morceaux quasi dansants et qui au contraire ne cessera de surprendre en changeant de tempo, provoquant cassures, rythmiques chaotiques, et séquences arythmiques plus axées sur les textures nasillardes, crépitantes, bruitistes. Les deux Finlandais se lâchent, s’amusent sur une longue séquence basée sur des glissandos, jouent avec nos nerfs avant de balancer leurs rythmiques binaires. On sera un peu surpris par la teneur de ce concert, extrêmement dense avec l’omniprésence de textures bruitistes alors qu’on les connaissait plus minimalistes, donnant l’impression d’avoir adapté leur set en tant que première partie de Throbbing Gristle. Mais ca fonctionne bien, le public semble conquis si l’on se fie aux cris dans la salle, et c’est un plaisir de revoir le duo en grande forme avec un set pour le moins explosif.

Vint alors le tour de Throbbing Gristle. Événement annoncé comme historique puisqu’il s’agissait là du premier concert du groupe en France en 32 ans de carrière (discontinue), ce concert ne pouvait que susciter des attentes. Attente pour les fans qui avaient enfin l’occasion de voir leur groupe culte sur scène, attente pour les autres uniquement basée sur les "on dit", qu’il proviennent de fans, d’amis, de la presse. On faisait partie de ces derniers, venus pour ne pas mourir idiot, quitte à avoir le déclic et se pencher sur l’immense discographie.
Trop d’attente tue l’attente ?... Peut-être. Le soufflé est vite retombé. Les quatre artistes apparaissent usés. Sur un même niveau, face au public et chacun derrière leur pupitre, Cosey Fanni Tutti, Chris Carter et Peter Christopherson (de Coil) prennent place. Sur la droite, plus en avant et de 3/4, Genesis P-Orridge au violon et chant. Après Pan Sonic le son nous paraîtra faiblard. Des oscillations de basses ultra répétitives sortent d’un magma sonore informe sur lequel Genesis P-Orridge vient poser quelques grincements de violon ou une voix d’outre tombe. Throbbing Gristle n’est certes pas là pour faire plaisir au public et présente une musique difficile, expérimentale, mais chiante. On s’ennuie ferme, a peine tenu éveillé par quelques mouvements sur scène : Chris et Peter échangent quelques mots, des techniciens viennent les voir, on pense à des problèmes techniques et on passera le concert à se demander si ce que l’on entend est vraiment ce que l’on devrait entendre ou bien le fruit d’aléas techniques. La diffusion de After Cease To Exist, court métrage de 1977, réveillera tout le monde avec ses images de castration. On sortira de la salle à la fin du film, découvrant avec surprise une foule importante dehors. Il y avait donc tant de monde à s’ennuyer ce soir au point de quitter l’événement historique ?
On apprendra a posteriori que Throbbing Gristle jouait ce soir sur scène The Second Annual Report leur premier album publié 30 ans plus tôt, album réputé difficile. Pas sûr que si l’on prendrait un jour le temps de se pencher sur leur discographie, on commencerait par cet album...

Fabrice ALLARD
le 16/06/2008

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