Signal : "Robotron"

 date du concert

19/09/2008

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Alva Noto / Byetone / Carsten Nicolaï / Centre Pompidou / Frank Bretschneider / Komet / Olaf Bender

 liens

Frank Bretschneider
Carsten Nicolaï
Alva Noto
Centre Pompidou

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Suite à annulation en raison d’une grève en mai dernier, la performance de Signal était reportée en cette rentrée. N’ayant jamais parlé de ce projet sur ces pages, petite présentation : Signal est une collaboration entre les trois fondateurs du label Raster-Noton. Carsten Nicolai (Alva Noto) donc, Frank Bretschneider (Komet) et Olaf Bender. Si Alva Noto et Frank Bretschneider ne doivent plus avoir de secrets pour vous, nous reviendrons très prochainement sur le bien moins médiatisé Olaf Bender qui vient de sortir un album sous son projet solo, Byetone. Même sans jamais avoir écouté les productions de Signal (deux véritables albums à leur actif), le passif de ces trois artistes nous place en terrain plutôt bien balisé, la performance intitulée Robotron laissant à penser qu’il s’agirait d’une présentation de leur deuxième album paru l’an dernier.

Arrivé dans la salle, on fait tout de suite attention au dispositif scénique à la régularité exemplaire. Trois tables disposées perpendiculairement au public, de manière à voir les trois artistes de profil, se faisant du coup tous dos. Sur ces tables trône le matériel servant à la production musicale et visuelle, et trois grands écrans plats 16/9. Devant la scène, trois projecteurs diffuseront les visuels sur l’écran en fond de scène, trois images qui se trouveront en partie derrière chaque membre du trio. Les trois artistes arrivent sur scène et prennent place, avec de gauche à droite Olaf Bender, Carsten Nicolai et Frank Bretschneider.
L’introduction sera des plus violente. Un souffle strident éclate et diminue progressivement, et une fois le danger disparu revient sans prévenir. Sonorités extrêmes et volume sonore impressionnant, a posteriori on se demandera comment se fait-il que des bouchons ne soient pas proposés à chaque fois que se produit ce type de performance. L’introduction passée, on se retrouve effectivement en terrain connu avec une musique à base de sonorités brutes et cassures nettes, une musique millimétrée et carrée sur laquelle sont plaquées des projections toutes aussi précises, parfaitement synchronisées.
Mais après ?... En effet, qu’est-ce que ce trio propose de plus qu’Alva Noto ou Ryoji Ikeda en solo ? Rien de plus. La seule différence notable est qu’il s’agit ici d’une musique plus orientée "club" dans la mesure où on se rapproche plus ici d’une techno minimale (et bruitiste) que des abstractions d’Alva Noto ou de la finesse microscopique de Frank Bretschneider. Les projections sont d’abord du même acabit (minimalisme des lignes horizontales ou verticales) avant de partir sur de gros pavés mouvants, grossiers et maladroits et la répétition à outrance d’une musique finalement assez binaire suscite rapidement l’ennui.
On se surprendra même pendant le concert à se poser des questions sur ce spectacle hautement technologique qui, d’un point de vue purement humain donnait l’impression d’être très approximatif, ce qui ne ressemble pas à ces trois artistes. Le dispositif était pensé avec les trois artistes vêtus d’un blouson blanc, les projecteurs braqués sur eux et projetant leur ombre incorporée à l’image, les lignes verticales des projecteurs se mêlant aux lignes horizontales des écrans LCD, mais mis à part un ou deux titres qui nous feront taper du pied, la musique paraissait bien pauvre et des détails techniques finiront d’aiguiser notre critique, comme les écrans LCD qui restent noirs alors qu’ils auraient du se déclencher, ou encore l’écran d’Olaf Bender qui restera en 4/3 alors que les deux autres sont en 16/9.

Connaissant la rigueur habituelle de ces artistes, à la vue de ce spectacle et d’une discographie éparse (Centrum en 2000 et Robotron en 2007), on ne pourra s’empêcher de considérer Signal comme la cours de récréation, une distraction des trois Allemands, plutôt que comme un véritable projet artistique.

Fabrice ALLARD
le 21/09/2008

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