Sonic Process

 date

du 16/10/2002 au 06/01/2003

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Centre Pompidou / Doug Aitken / Gabriel Orozco / Renée Green / Scanner

 liens

Scanner
Centre Pompidou

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Sonic Process est une exposition itinérante, déjà présentée au MACBA de Barcelone en prélude au festival Sonar. Celle-ci est composée de neuf pièces contenant chacune une installation, fruit d’une collaboration entre musiciens et plasticiens, vidéastes, informaticiens.
Si certaines méritent véritablement le qualificatif d’installation, d’autres se démarquent par leur volonté didactique comme WaveLinks de Renée Green où sont diffusés de nombreux reportages faisant notamment le lien entre musique et objet, espace, environnement, ou le Data Square de Marti Guixé qui est en fait un mini médiathèque des cultures électroniques.
L’Electronic Lounge quant à lui, conçu par Mathieu Briand, se présente plus comme un lien de rencontres musicales, avec ses bancs en forme de coquille d’escargot dont la spirale converge vers l’artiste, le DJ.

On commence notre petit tour par Mike Kelley et Scanner avec Esprits de Paris. Des sons ont été enregistrés dans Paris aux alentours de lieux habités par des grands nom de la chanson française ou de la musique en général, proche de leurs habitations. Ces lieux ont également été filmés et sont projetés sur des moniteurs à même le sol. Au milieu de la pièce est dressé un grand écran, ou est diffusé un film dans lequel on voit des gens danser dans un club. L’installation crée alors un déphasage vidéo/son - espace/temps assez étrange puisque le spectateur ne voit plus aucun rapport entre les deux éléments.

Plusieurs salles comportent des projections. Le première réuni Tosca et Gabriel Orozco pour un montage diapo de 30 minutes, mis en musique par Tosca. Principalement au piano pour commencer sur des images de la baie d’Along, très beau, apaisant, puis une deuxième partie plus trip-hop avec des images moins touristiques, plus réalistes, jouant sur l’assemblage des formes et des couleurs.
La seconde de Doug Aitken, intitulée New Skin se compose d’un écran sous forme de quatre branches placées à 90° et formées par des moitiés d’ovales. Les spectateurs sont donc tout autour de cet "écran" qui en forme lui-même quatre autres. Le film prévu à cet effet se sert de cette base pour justifier un split screen, donner une impression de 3D si l’on est assez proche. Le film est de surcroît très beau, doux, poétique auquel s’ajoute une musique onirique. Envoûtant.

Ghost Dance de Flow Motion intrigue en détournant et reconstituant un faux espace d’écoute, un faux club. Les énormes enceintes ne diffusent pas de son, des hauts parleurs sont suspendus au plafond et diffusent des bruits divers, des gens qui parlent au travers des haut-parleurs pendu au plafond. Le spectateur se promène au milieu de ces sons sans rencontrer personne, cette fausse boite de nuit est habitée par des clubbers-fantômes. Etrange.

Peut-être notre préférée, A Soundfilm in Eight Acts de David Shea se compose d’une fausse salle de cinéma. Le visiteur est donc convié à s’asseoir dans les sièges confortables et à écouter huit morceaux de musique composés de samples de films et de musiques de films. Face aux sièges, en remplacement de l’écran, une grande vitre derrière laquelle se cache la star du spectacle : le sampler.

Au centre de toutes ces installations, se trouve Gridio de de Coldcut, la plus interactive, mais pas la plus originale. On se déplace sur le sol, et des capteurs lancent des sons et des vidéos sur 3 écrans. Le plus étonnant c’est que malgré les déplacements aléatoires des gens, la musique semble rester cohérente. On peu aussi imaginer que cette salle serait une piste de dance dont les danseurs font leur propre musique.

Une exposition intéressante et amusante, les installations ayant cette particularité de placer le spectateur au centre de l’oeuvre.

Fabrice ALLARD
le 11/11/2002

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