Vija Celmins : L’œuvre dessiné

 date

du 25/10/2006 au 08/01/2007

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Vija Celmins

 liens

Centre Pompidou

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Née à Riga en 1938, Vija Celmins vit depuis la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis où elle s’est spécialisée dans un dessin au fusain ou à la mine de plomb, opérant dans des variations de gris et noir.

D’une impressionnante rigueur, les soixante-dix dessins exposés au Centre Pompidou (deux-tiers de la production totale de l’artiste) sont d’une précision telle qu’on a peine à croire que ce sont des dessins, imaginant plutôt, de loin, qu’il s’agit de photographies. Mais en s’approchant au plus près des œuvres, on perçoit la feuille de papier qui sert de fond et les traits de mine ou de crayon. Travaillant sur la perspective et le tri-dimensionnel grâce à un trait plus ou moins prononcé, Vija Celmins peut ainsi figurer à merveille des nuages (Clouds, Untitled (Clouds with Wire) ou des paysages lunaires avec leurs cratères et étendues désertiques. Insérant parfois un cadre dans son propre cadre, l’artiste crée ainsi un « effet loupe » très étonnant, parvenant à rendre flou le contour extérieur de ce second cadre et très net et détaillé ce qu’il y a à l’intérieur de ce « zoom ».

S’attachant également à reproduire des images extraites d’articles de journaux, Vija Celmins y témoigne à nouveau d’une grande dextérité et d’un trait d’une fidélité extrême (reprenant la pliure du papier, la découpe maladroite du journal qu’on a déchiré). Partant, les sujets représentés se voient conférés une double impression : très réaliste et en même temps un peu archéologique, comme si l’artiste excipait du passé des événements marquants (bombe atomique dans Bikini et Hiroshima) ou des objets caractéristiques d’une époque (Zepellin). En revanche, on trouva les dessins d’océans (des vagues à n’en plus finir), de neiges, de déserts et de cieux étoilés trop répétitifs pour convaincre (seule une étoile filante venant, de temps à autre, rompre cette uniformité). Mais laissons de côté cette seconde moitié de l’exposition pour ne retenir que la première, brillante, et à découvrir « en vrai » (la lecture du catalogue ne permettant pas véritablement de prendre conscience des subtilités du trait de Vija Celmins).

Itinérance de l’exposition :
- Du 28 janvier au 22 avril 2007 : Los Angeles - Musée Hammer

François Bousquet
le 21/12/2006

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