Re-trait

 date

du 06/03/2007 au 13/04/2007

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Angela Detanico & Rafael Lain / Fondation d’entreprise Ricard / Pierre Bismuth / Pierre Malphettes / Rainier Lericolais / Sylvain Rousseau / Ulla Von Brandenburg

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Rebaptisé Fondation d’entreprise Ricard depuis 2006 (c’est sûr, ca fait plus art contemporain et moins apéro-cahouètes), l’Espace Paul Ricard accueille, sous l’égide de la commissaire Claire Staebler, une vingtaine d’œuvres tournant autour du dessin contemporain, joliment intitulée « Re-trait ».

Désireuse d’aller au-delà du simple trait dessiné via des travaux au néon, des vidéos ou des performances filmées, l’exposition conçoit donc le dessin dans son acception large, qu’importe le support. A ce titre, les premières œuvres présentées donnent le ton : travail au néon d’Angela Detanico et Raphael Lain (suite de signes cabalistiques propres à créer un nouvel alphabet), rubans de couleur d’une part et papier noir évidé façon pochoir d’autre part d’Ulla Von Brandenburg, vidéo de Bojan Sarcevic (vu de l’intérieur d’une voiture, le conducteur trace des lignes sur le pare-brise embué, comme s’il reproduisait son trajet urbain) et sculptures en papier journal de Katie Holten (série de troncs d’arbres fins et élancés). Si dans chaque œuvre, la simplicité des matériaux utilisés renvoie à la finesse et au dépouillement du trait, ce sentiment est exacerbé dans le travail de Rainier Lericolais qui reproduit des personnages à l’aide de traînées de colle. A l’image de l’artiste-musicien, d’autres introduisent la quotidienneté dans leurs travaux : Jonathan Borofsky présente des dessins au stylo et à l’encre, oscillant entre gribouillages et tracés artistiques dont l’explication naît à la lecture du titre (Phone Drawings) tandis que dans une brève et épatante vidéo, Koki Tanaka dispose des briques de lait en ligne sur une route et les écrase d’un seul trait avec sa fourgonnette (How to Draw a Line on the Road).

Particulièrement ingénieux également, Pierre Bismuth propose un embrouillamini de lignes blanches sur fond noir, issu d’une impression numérique et réalisé à la palette graphique à partir du film Les Désaxés (En suivant la main droite de Marilyn Monroe dans The Misfits). Tout aussi convaincant, Pierre Malphettes utilise un néon orange-ocre pour retracer le trajet d’une feuille morte, soulignant, par une ironique et poétique redondance, son propos en retranscrivant, à l’aide des tubes eux-mêmes, le titre de son œuvre (La chute d’une feuille morte). Enfin, tout au fond de l’exposition, Sylvain Rousseau ébahit par sa capacité à mettre à plat la perspective (What a Feeling) : reproduction d’une salle de danse (lattes de parquet impeccables, grands miroirs verticaux, barre d’appui le long de ces derniers) dans laquelle seule la barre est en trois dimensions, le reste n’étant que jeu sur la perspective et le détourage.

François Bousquet
le 14/03/2007

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