Le Cube (avec J. Noetinger et L. Marchetti)

 date du concert

24/08/2002

 salle

Darling Foundry,
Montréal

 tags

Darling Foundry / Jérôme Noetinger / Lionel Marchetti

 liens

Pendant quelques jours, les musiciens et cinéastes qui forment Le Cube (parmi lesquels Lionel Marchetti et Jérôme Noetinger pour la partie musicale, et Gaëlle Rouart et Etienne Caire pour les images) sont invités a la Darling Foundry. Située dans une zone industrielle en mutation proche du vieux-Montréal et du port, la Darling Foundry est une ancienne usine devenue lieu d’expositions et de performances (http://www.quartierephemere.org), et récemment ouverte.
Le collectif Le Cube était présent depuis plusieurs jours dans ce lieu, pour des ateliers ouverts avec des artistes québécois. La performance d’aujourd’hui est l’occasion de conclure ces rencontres, puisque des musiciens locaux comme Martin Tétreault se joindront aux occupants habituels du cube, de midi à minuit.

Description de la structure : une pièce plongée dans le noir ; un faux cube composé de quatre écrans de huit mètres de base et trois de haut ; des musiciens et cinéastes prisonniers à l’intérieur. Il fait très sombre quand on pénètre dans la salle, l’activité à l’intérieur du cube semble surtout sonore, puis les yeux s’habituent à l’obscurité, on distingue des ombres formées par des lampes-torches, une image formée par un projecteur placé près de l’écran qui semble minuscule par rapport à l’immense écran. On tourne autour du cube, la configuration de la pièce ménage de grands espaces autour de deux des pointes du carré formé, tandis que pour les deux autres il faut se faufiler entre le mur et la toile, avec précaution pour ne heurter personne.
On peut aussi s’asseoir et observer (en espérant que ce n’est pas de l’autre côté que le spectacle à lieu). Diverses images sont projetées : tâches de couleur, images plus ou moins floues sur tout l’écran ou en tout petit, au ras du sol... Le moment de la projection, absolument immuable dans les cinémas, est ici redéfini. Quand une ombre passe dans le faisceau d’une lampe, comme par accident les ombres chinoises sont réinventées, et les acteurs-cinéastes jouent de la perspective et de la déformation pour ajouter de l’ambiguïté sur ce qu’on croit voir à l’intérieur. Les sons produits sont également sources de questions : sont-ils en rapport avec les images, ou bien notre cerveau guidé par les images cherche-t-il à reconnaître à toute force des sons qui conviendraient ? Quand on ferme les yeux, on peut imaginer des bribes d’un concert de Noetinger et Marchetti.
Surtout, il y a une question fondamentale : que peuvent faire ces personnes prisonnières du cube pendant douze heures ? On imagine des réponses : ils remplacent les ouvriers de la fonderie (quand les bruits sont d’origine industrielle et que les tâches de couleur évoquent le métal en fusion), ils font la fête (des cris et un air de disco se font entendre), c’est une immense volière (des images de mouettes sont projetées, se superposent, c’est peut-être plusieurs fois le même film)...

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 11/09/2002

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