Leonor Antunes : Original is Full of Doubts

 date

du 21/11/2008 au 11/1/2009

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Leonor Antunes

 liens

Crédac

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Plasticienne et sculptrice de formation, Leonor Antunes fait partie de cette génération d’artistes, majoritairement nés dans la première moitié des années 1970, qui ont choisi de quitter leur pays d’origine (le Portugal en l’espèce) pour s’installer à Berlin. Pour autant, ce choix ne se ressent pas véritablement à la visite de cette exposition personnelle présentée au Crédac, celle-ci consistant en une réminiscence de la visite effectuée par la jeune femme à la Villa E1027 conçue par l’architecte Eileen Gray et située à Roquebrune-Cap-Martin.

Il ne s’agit nullement pour Leonor Antunes de proposer une maquette ou une reconstitution fidèle de son passage dans cette bâtisse, mais de proposer un travail sur la reconnaissance et le souvenir. Ses installations et sculptures (qui jouent aussi sur la duplication, plusieurs pièces avançant sous la forme de multiples : Avoiding the Mistral Wind, A Spine-Wall suppressed all Draughts, Paving Stones cross the entire Garden, Folded back against the Pillars) ambitionnent ainsi de témoigner de ce qu’Eileen Gray a pu créer et de la manière dont la Portugaise l’a perçu. Avec une certaine effronterie créatrice, cette dernière place même ses propres œuvres sur le même plan, voire au-dessus de l’ouvrage original car « original is full of doubts ». Par présentation de fragments et petites touches métonymiques, Leonor Antunes convoque les diverses pièces et espaces de la Villa E1027 : deux grilles adossées contre un mur suggèrent le grillage complet (The Sensation of being out-doors), deux rangées de pavés symbolisent le pavage intégral du jardin (Paving Stones cross the entire Garden) et des morceaux de tissu signifient les colonnes de pierre (Folded back against the Pillars).

Au-delà de cette recherche, les composantes architecturales deviennent ici objets et supports d’installations structurant l’espace (Avoiding the Mistral Wind), s’appuyant contre le mur (A Spine-Wall suppressed all Draughts), étant placés dans un coin de la pièce (Folded back against the Pillars) ou suspendus au plafond (The Sensation of being out-doors). Pour contrebalancer habilement la dimension très cérébrale et pas forcément immédiatement intelligible de son travail, Leonor Antunes sait également œuvrer en de malicieux trompe-l’œil : les pavés de Paving Stones cross the entire Garden sont en vérité des pièces de cuir et les tuiles de The Tiles are back in the Studio Area des cordes entrelacées. Ces différents niveaux de lecture constituent alors la richesse d’une exposition, certes courte (deux pièces et une dizaine d’œuvres), mais à l’évidence stimulante.

François Bousquet
le 10/01/2009

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