Pragmatismus & Romantismus

 date

du 27/1/2009 au 28/2/2009

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Évariste Richer / Daniel Dewar et Grégory Gicquel / Dove Allouche / Fondation d’entreprise Ricard / Giuseppe Gabellone / Guillaume Leblon / Katinka Bock / Stéphane Vigny

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Dans la lignée des expositions collectives axées sur une thématique aussi abstraite que difficilement respectée que présente régulièrement la Fondation d’Entreprise Ricard, Pragmatismus & Romantismus envisage de marier ces deux notions apparemment incompatibles. Au-delà de cette opposition entre principe de réalité et utopisme un peu angélique, la douzaine d’artistes exposée opère dans une gamme chromatique assez uniforme. De fait, on est frappé par les dominantes beige, grise et noire qui ressortent des pièces ici montrées. Le travail sur le bois et la glaise apportent la première teinte, pierre et poudre d’aluminium la deuxième et le plastique la dernière. Ces options visuelles, découlant des choix de matériau sous-tendus par le sous-titre de l’exposition (Les matériaux du possible) entraînent l’ensemble de l’exposition dans une atmosphère quasi-morbide (le bas-relief réalisé par Giuseppe Gabellone et les boules de plastique et fils de fer de Franziska Furter participant de ce sentiment) qui pourtant ne met nullement mal à l’aise. En effet, les images et sculptures s’écartent de tout penchant démonstratif au profit de la mise en place d’un sentiment diffus, comme s’il s’agissait de représenter au mieux un monde incertain dans lequel les icônes contemporaines se trouvent statufiées (à l’image de Carl Cox dans l’œuvre de Daniel Dewar et Grégory Gicquel). Cette démarche trouve alors un écho avec les sculptures et installations de guingois de Manfred Pernice (empilement type Tour de Pise) et de Katinka Bock (très joli assemblage de glaise malaxée disposée sous une table basse).

Lorsqu’ils n’entreprennent pas de peindre un univers allant doucement vers sa propre décrépitude, les plasticiens se font fort de réduire le monde et de circonscrire leur environnement immédiat dans leurs créations. Stéphane Vigny reproduit ainsi en plus petit un pylône EDF qu’il couche ensuite sur le sol, Évariste Richer travaille fossile et pierre pour symboliser l’Himalaya tandis que Guillaume Leblon dispose une large palissade qui ne parvient cependant pas à s’élever, en hauteur, à sa taille « adulte ». Poussant un peu plus cette approche, Dove Allouche aplatit sur ses dessins des reproductions photographiques documentaires alors que Katinka Bock veut, avec son installation précédemment décrite, montrer un « paysage sous une table » (Landschaft unter der Tisch).

François Bousquet
le 13/02/2009

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