Heaven 44 - label Brocoli : Pierre-Yves Macé / Vincent Epplay & Sébastien Roux / Alice Lewis - Jérôme Castel - Frédéric Oberland / Thierry Théolier

 date du concert

25/02/2009

 salle

Java,
Paris

 tags

Alice Lewis / Brocoli / Frédéric D. Oberland / InFact / Java / Jérôme Castel / Pierre-Yves Macé / Sébastien Roux / Vincent Epplay

 liens

Vincent Epplay
Pierre-Yves Macé
Brocoli
Java
InFact
Alice Lewis
Frédéric D. Oberland
Jérôme Castel

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On était relativement habitué aux soirées Heaven de l’OpA, et après la fin de la collaboration entre Eric Périer et la salle de Bastille les choses ont mis un peu de temps à se remettre en place, mais InFact est toujours active et on retrouvait donc ces soirées avec ici le label Brocoli mis à l’honneur comme il avait déjà pu l’être à l’OpA. La soirée était divisée en deux parties avec dans un premier temps des artistes proposés par InFact, puis Pierre-Yves Macé et le duo Sébastien Roux / Vincent Epplay qui sortent leurs prochains albums chez Brocoli.

Ouverture de la soirée avec Thierry Théolier pour une introduction que l’on qualifiera de conceptuelle, nommée Statuts Quo, inspirée de l’écriture automatique et connectée à nos nouveaux modes de communication. A vrai dire, on est certainement peu adepte des concepts que l’on nous explique, comme pour donner de la contenance à ce qui n’en a pas forcément. La prestation était partagée entre Thierry Théolier, Aurore Molière en tant que lectrice, un ordinateur, mais la musique, ambient concrète plutôt classe était apparemment produite par Eric Périer. C’est sur cette musique que sont lus des statuts Facebook (pour ceux qui ne seraient pas encore sur LE réseau social, ces statuts dont des petites phrases allant de la simple pensée du moment à l’action que l’auteur est en train de mener), parfois amusants, souvent répétitifs, se répondant finalement trop rarement pour que l’ensemble fonctionne réellement. Pendant ce set on se connectera justement sur notre compte Facebook et on changera notre statut en "EtherREAL Webzine est en train d’écouter une lecture de statuts Facebook", mais il aurait fallu que Thierry Théolier lise notre statut, histoire de boucler plutôt que de finir en eau de boudin.

Comme Thierry Théolier, Alice Lewis est au milieu de la salle pour une deuxième partie enchaînant trois sets assez courts. Alice Lewis donc pour commencer délivre une pop généralement électronique, douce, aux sonorités joliment rétros, aux intonations suaves mais risquées. C’est frais, fort plaisant, et on en aurait bien écouté un peu plus.
On se tourne ensuite vers la scène où a pris place Frédéric Oberland, plus connu en tant que membre de 21 Love Hotel, accompagné de Jayne Amara Ross et Eat Gas. On change complètement de registre avec ici un univers plus dérangé, sombre, les deux hommes expérimentant sur leurs guitares en lorgnant parfois vers un certain post-rock, tandis que la jeune femme pose sa voix grave. Un univers sombre avec deux corbeaux qui surveillent les musiciens. Là aussi on accroche pas mal.
Dernier des trois sets de ce Concert Désoeuvré, avec Jérôme Castel au chant et guitare accompagné de deux hommes pour un set entre chanson française et pop dont on écoutera deux ou trois titres avant d’abandonner, pas convaincu, trop pop et peut-être besoin d’un break après tous ces enchaînements.

Break donc, un petit verre, et on attaque la deuxième partie de soirée en commençant par Pierre-Yves Macé dont on écoutait le dernier album quelques jours auparavant. Son concert était une présentation de ce nouvel album, Passagenweg, basé sur des enregistrements de musique des années 20-30 qui étaient diffusées dans les passages parisiens. Il s’agit donc d’un set de musique concrète construite par collages et traitements de ces musiques, coupé de cassures et craquements. Le jeune français se produit au laptop, platine et lecteur cassette dont l’utilisation nous rappellera parfois Aki Onda (avance rapide tout en maintenant la lecture notamment). Un set très proche de l’album sur lequel on reviendra très prochainement, alternant douces mélodies et séquences plus abruptes.

On terminera avec Sébastien Roux et Vincent Epplay, deux hommes habitués de ces pages. Là aussi, il s’agit d’une nouvelle sortie Brocoli, mais à venir, et donc que nous n’avions pas encore écouté. Ce fut pour le coup une grosse surprise avec une musique complexe comme on pouvait s’y attendre, mais aussi très riche, avec une variété de tonalités surprenante. Dense, frénétique et précise, mêlant sonorités rétro et contemporaine, plus tard plus posée et à rapprocher de la musique concrète, quelques passages incorporant des drones sans pour autant être qualifiable d’ambient, les deux hommes concluaient là un set que l’on verra comme un pont entre les premières œuvres concrètes et les techniques actuelles de manipulation sonore. On a hâte d’entendre ça sur disque sachant que connaissant les deux hommes, on imagine qu’il recèle encore de nombreuses surprises.

Globalement une bonne soirée avec quelques découvertes, des valeurs sûres, et des surprises venant de toute part.

Fabrice ALLARD
le 02/03/2009

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