Présences Electronique 2009 : Philip Jeck / DJ Olive / Mathias Delplanque / Benjamin de la Fuente / Franck Vigroux

 date du concert

13/03/2009

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Benjamin de la Fuente / DJ Olive / Festival Présences Electronique 2009 / Franck Vigroux / Le 104 / Lena / Mathias Delplanque / Philip Jeck

 liens

Lena
Philip Jeck
Franck Vigroux
Benjamin de la Fuente
Le 104

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Dans le grand atelier 4, de fins tapis de mousse sont disposés au sol et les volets sont clos. Au centre de la salle, une petite estrade accueille tables et chaise, clavier-séquenceur et platine vinyle. Pour débuter, une nappe se met peu à peu en place par le biais de classiques effets de crescendo et decrescendo ou d’insertions de bruits divers (bruissements, sons plus urbains). Philip Jeck y adjoint un travail sur la mise en boucle grâce à sa platine, avant d’introduire une petite mélodie issue de son Casio. Vite recouverte par des vagues de saturation maîtrisées, cette ritournelle reviendra par la suite pour une sorte de dialogue avec les textures.
Alors que trois fils de néon traversent la pièce, l’Anglais ne se limite heureusement pas à jouer sur la spatialisation du son ainsi invoquée. Plus encore, celle-ci est finalement assez peu présente, y préférant une approche plus unidimensionnelle. Pour autant, le set s’avéra un rien trop classique bien qu’il n’en fut pas moins le témoignage du caractère toujours vert de Philip Jeck, pionner de cette ambient composite.

On passe ensuite à la salle 400, grande salle avec gradins qui pourra nous faire regretter la classieuse salle Olivier Messiaen. Scène et capacité plus réduite, mais à l’usage le son reste très bon, et certainement plus uniforme quelle que soit la place du spectateur.
On commencera donc un peu après 20h avec Alain Savouret, compositeur de musique électroacoustique comme c’est généralement le cas en ouverture de soirée dans le cadre de ce festival. Il nous interprètera L’arbre et caetera, une pièce de 1972 très électronique, faite de sonorités glissantes contribuant à une certaine douceur et marquée de cassures régulières. La pièce est variée, alternant profusion sonore et lents échafaudages plus posés comme cette montée faite d’un mélange de drone et de bourdonnement évoquant un essaim d’abeille. Changements justement dosés afin de ne pas trop lasser et trouver au final cette introduction plutôt agréable.

Autre découverte ensuite avec Franck Vigroux et Kenji Siratori. Le premier possède un parcours extraordinairement éclectique, allant de la direction d’orchestres d’improvisateurs au groupe rock en tant que guitariste en passant par l’électronique. Kenji Siratori est quant à lui un écrivain cyberpunk japonais. Ce dernier usera donc de sa voix, en japonais et via deux micros, dont un dont le son sera apparemment modulé par le travail du Français. Un début de set très abrupte avec des voix torturées, saturées, hachées, grésillantes sur une musique mêlant sonorités brutes, basses sèches, bruits blancs, musique contemporaine aux influences industrielles, avec parfois des break laissant filer quelques sonorités plus fines. Un mariage plutôt réussi, mais un set que l’on pourra trouver un peu long en raison d’une voix manquant de modulation et de variation dans les traitements. On regrettera aussi un final très "musique contemporaine" détaché des basses électroniques qui sévissaient jusque là puisque l’on aurait aimé une plus forte imbrication des genres.
Cela dit, ce set nous donna plutôt envie d’écouter les productions de Franck Vigroux et de lire les livres de Kenji Siratori !...

Troisième concert de la soirée, Benjamin de la Fuente que l’on ne connaissait non plus avant ce soir. Cet élève d’Alain Savouret se produit au violon, jusque là rien de très extraordinaire, mais on sera surpris quand on entendra la musique produite avec cet instrument. Il s’agit en fait d’une musique contemporaine, électroacoustique, entièrement dirigée au violon et nombreuses pédales d’effets. Le principe est maintenant assez habituel, avec sampling en direct, boucles, rappels de sons préenregistrés, avec ici en plus la spacialisation qui finit par rendre un peu magique la prestation de l’artiste qui semble tout contrôler. Passés ces considérations purement techniques, son œuvre intitulée Outside/Virage nous paru agréable. Un bon dosage entre expérimentations et éléments plus accrocheurs, avec bien sûr le fait de pouvoir en général associer la gestuelle à la musique entendu qui permettait d’apprécier plus facilement le travail de l’artiste.

Après l’entracte, c’est au tour de Mathias Delplanque, le seul artiste que l’on connaissait de la soirée, et que l’on avait déjà pu apprécier en particulier pour son projet dub Lena paru chez Quatermass. On était content de le revoir ici, dans le cadre de Présences Électronique, faisant montre du chemin parcouru. Malheureusement, à l’écoute de ce set, on déchantera. On retrouve des basses profondes qui battront de façon irrégulière, retrouvant un peu ce son dub. Autre sonorité récurrente, des claquements secs, percussifs, le tout restant très abstrait, insaisissable. Et puis c’est loin derrière, en arrière plan que tout semble se tramer avec un mélange de bouillonnements électroniques, petits bleeps, souffles et textures, field recordings. Si sur le principe l’idée est plutôt bonne, en pratique ce qui semblait faire tout l’intérêt de la pièce était comme relégué au second plan, manquant de relief, peut-être de spacialisation à ce niveau, l’ensemble nous paraissant alors plat et ennuyeux. Grosse déception donc.

On terminera avec la star du jour, DJ Olive que l’on connaissait sans connaitre en fait. C’est le genre d’artiste que l’on croise depuis 10 ans à force de collaborations (Kim Gordon & Ikue Mori, Text of Light) mais que l’on n’avait jamais écouté en solo. Ce festival sera donc l’occasion avec ce premier concert et un second dimanche. On est d’abord très énervé par son attitude sur scène, ses gestes appuyés que l’on regrettait également chez Oval dans ce même festival. Et puis on essaye d’en faire abstraction en se concentrant sur la musique et un set très varié. On appréciera la multiplication des styles, d’abord très dense, fait de cassures abruptes, puis jouant avec des voix permettant là aussi de faire plus facilement le lien entre musique et gestuelle, introduisant même un peu d’humour lorsqu’une voix déformée, hachée, est suivie d’une autre disant "I understand". Mais l’artiste joue beaucoup sur la répétition, quitte à lasser, ou jouer la facilité, passant par exemple 5 minutes à jouer avec 4 nappes de cordes (les deux faces de deux disques) qu’il passera en alternance.

Fabrice ALLARD, François Bousquet
le 14/03/2009

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