Festival Nemo 2009 : Frank Bretschneider / Byetone

 date du concert

04/04/2009

 salle

Forum des Images,
Paris

 tags

Byetone / Festival Nemo 2009 / Forum des Images / Frank Bretschneider / Komet / Olaf Bender

 liens

Frank Bretschneider
Forum des Images
Festival Nemo 2009

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Deux semaines après le Brussels Electronic Music Festival, Frank Bretschneider et Byetone passaient par Paris, proposant le même set dans le cadre du festival Nemo, plutôt tourné sur les nouvelles images. Si ces deux concerts ont déjà fait l’objet de chroniques suite à leur passage à Bruxelles, nous vous proposons ici une autre vision de ces deux sets, peut-être plus axée sur l’image puisque traités dans le cadre du festival Nemo.

A 21h c’est Frank Bretschneider qui débute son set. Le principe est maintenant des plus classiques au sein de cette scène minimale germanique où musiques et images forment un tout indissociable, les premières générant ou animant les secondes. Mais ces allemands n’ont pas le monopole, des japonais travaillent sur ces mêmes interactions parmi lesquels Ryoji Ikeda bien évidemment mais aussi Evala que l’on découvrait en janvier au Point Ephémère et qui gagne à être connu. On ferait un impair si on ne citait pas Pan Sonic qui depuis 10 ans projette l’onde-impact sonore de leur musique. Aussi, quand Bretschneider débute son set avec une ligne et trois carrés s’affichant en même temps que quelques claquements rythmiques, ce minimalisme nous apparaitra comme pauvre alors que plus tard on sera bien plus convaincu par une matrice flottant dans l’espace et éclatant en lignes brisées sur tout l’écran. La complexité mathématique viendrait-elle au secours d’un ultra-minimalisme graphique ?
Au fil du set, les éléments visuels s’enrichissent un peu, sans pour autant nuire à l’aspect minimal de la chose puisque l’ensemble fait toujours preuve d’une rigoureuse économie de moyens : lignes et courbes blanches d’épaisseurs variées, et flashs stroboscopiques en fin de set, jouant simplement sur notre perception et l’imperfection humaine, la stimulation de la rétine, la rémanence, et cette impression de voir une multitude de couleurs en jouant sur la fréquence d’affichage de ces lignes blanches.
Musicalement Rhythm est logiquement un ensemble de pièces essentiellement rythmiques (clics, claquements, basses), et on pourra être surpris d’entendre quelques sonorités plus mélodiques au fil de l’avancement du set, et quelques morceaux évoquant une battucada, comme si l’artiste avait fait le tour de son minimalisme.

Les lumières se rallument, le public est enthousiaste et se lève pour aller voir les ordinateurs, ces boites magiques qui renferment tous les instruments possibles, et l’organisation finira par éteindre les lumières pour faire comprendre que Byetone est là et prêt à démarrer son set. Nous avions déjà chroniqué l’album, on ne reviendra donc pas sur la musique, nettement plus énergique que ce que l’on trouve en général chez Raster Noton, une sorte de techno minimale en somme.
Visuellement on reste dans un univers minimal, mais plus varié que ce que l’on voit en général. Le set débute avec trois cercles blancs qui grossissent et diminuent suivant l’intensité d’une nappe de basse, comme trois spots dont l’intensité lumineuse serait calée sur la musique. Mais le rendu graphique de ces cercles reprend le grain d’une trame d’impression, faisant le lien avec son album : Death of a Typographer. On retrouvera régulièrement des connexions avec les arts graphiques en général et la typographie en particulier, tout en jouant lui aussi sur la perception et les illusions d’optique. A partir du troisième morceau, un compteur se met en place, semblant compter les secondes jusqu’à la fin du concert, les chiffres prenant la plus grande part de l’écran, et un jeu de lignes mouvantes au second plan donne l’impression que les chiffres s’épaississent ou s’amincissent.
On pouvait regretter que chaque morceau n’exploitait en gros qu’une idée autour de laquelle l’artiste brodait pour tenir 3-4 minutes, mais l’apparition de couleurs fut une excellente surprise, tout en restant dans un minimalisme rigoureux. Juste quelques effets stroboscopiques sur de grands rectangles rouges, de grands aplats se remplissant de couleurs vives apportant un petit côté pop à l’ensemble son-images.

Fabrice ALLARD
le 05/04/2009

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