Skinner

 auteur

Michel Deutsch

 metteur en scène

Alain Françon

 date

du 25/09/2002 au 27/10/2002

 salle

Théâtre de la Colline,
Paris

 appréciation
 tags

Michel Deutsch / Théâtre de la Colline

 liens

Théâtre de la Colline

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Pièce de rentrée du Théâtre National de la Colline, Skinner se mesure au problème des clandestins. Se déroulant dans et aux abords d’un hangar de transit (façon camp de Sangatte) situé dans un pays quelconque des Balkans, la pièce nous interroge rapidement sur le sens de la vie et le destin de chacun, les personnages étant prestement privés de leur identité, au propre (leurs papiers sont confisqués par l’Organisation gérée par le passeur chargé de les transporter vers un hypothétique ailleurs) comme au figuré ("De toute façon, interdit de raconter sa vie. (…) Ici, personne n’a de passé").

Si la distribution s’en sort correctement, sans plus, ce sont les responsables des décors et des lumières qui "apparaissent" les plus convaincants. Changeant à chaque scène (on passe du hangar à une fête foraine, d’un bar miteux à un conteneur à ordures), l’espace dans lequel évoluent les comédiens fait constamment preuve d’inventivité : le gigantisme des constructions écrase et enfonce un peu plus les protagonistes, l’absence de ligne courbe renvoie à leur inhumanité, les lumières tantôt blafardes et blêmes, tantôt sombres et presqu’imperceptibles disent leur mal-être.

L’atmosphère générale se fait du plus en plus angoissante, à mesure que l’on comprend que les candidats au passage n’arrivent jamais à bon port, qu’un immense commerce d’organes est effectué à partir de corps repêchés et que tout le monde (passeur, police, milice) est de mèche dans ce trafic d’humains traités comme du bétail.

Hélas le texte et les dialogues de Michel Deutsch ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées (sujet d’actualité, refus de tout manichéisme). Naviguant à vue entre Kafka et Koltès, l’auteur donne trop vite le sentiment de se répéter, les mêmes situations et échanges verbaux revenant fréquemment ; et ce n’est pas la greffe d’une love story on ne peut plus classique entre le héros et une prostituée qu’il veut sauver du trottoir qui empêche la pièce d’arriver à une fin qui tombe quelque peu à plat.

François Bousquet
le 06/10/2002

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