The Show Must Go On 2

 chorégraphe

Jérôme Bel

 date

du 18/10/2004 au 23/10/2004

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Jérôme Bel

 liens

Centre Pompidou

 dans la même rubrique
04/08/2018
Sabordage !
(Lycée Jacques Decour)
du 23/01/2017 au 27/01/2017
Happy Hour
(Théâtre de la Bastille)
du 03/11/2016 au 10/11/2016
Sideways Rain
(Théâtre Monfort)
05/08/2016 et 06/08/2016
Beats
(Square des Amandiers)

Près de deux ans après avoir découvert Jérôme Bel avec The Show Must Go On, nous voici de retour au Centre Pompidou pour la suite, sobrement intitulée The Show Must Go On 2. Un titre un peu trompeur, puisque du coup on s’attendait vraiment à un prolongement de l’idée du précédent spectacle. En fait il s’agissait bien ici d’un autre spectacle, avec de nouvelles idées, mais avec la même façon de bouleverser les codes de la danse il y a deux ans, et du théâtre cette année.

Quoi que... avec Jérôme Bel, parler de danse ou de théâtre a-t-il encore un sens ? Les deux disciplines semblent se fondre dans une troisième, propre au chorégraphe-metteur en scène qui, dans les deux cas, crée une relation particulière entre l’espace scénique et public. Le but semble être de nous questionner ouvertement : qu’est-ce que la danse ? Qu’est-ce que le théâtre ? Et en fin de compte, quel est le point commun entre les deux ? Il s’agit tout simplement d’un spectacle, d’un show. A plusieurs niveaux, les deux spectacles sont très différents. Aujourd’hui, plus de musique, et seulement deux artistes présents sur scène. Le premier vient placer des lettres sur scène, de grands cartons pliés en deux, disposés verticalement pour que le public puisse lire "THE SHOW MUST GO ON 2". Il prend le temps de regarder ces lettres, et revient en prendre quelques unes qu’il place à part pour former de nouveaux mots, à la manière d’un joueur de Scrabble. Il commence par "SHOWMEN". Il va alors chercher le deuxième interprète qui regarde le mot, et se met à le mimer de façon amusante. Mais c’est rapidement l’escalade : on passe à "STUNTMEN", puis "2 STUNTMEN" et finalement "2O STUNTMEN" où l’interprète se met à faire 20 cascades. On dirait un gamin qui s’amuse tout seul aux cowboys et aux indiens, faisant sa guerre contre des fantômes, se faisant tuer, ou se lançant dans l’escalade d’une paroi rocheuse pour échapper à ses poursuivants, tout cela sans le moindre accessoire. On se retrouve alors avec un comédien épuisé, et on aura là le plus beau moment du spectacle, le plus fin, voire même poétique. Assis par terre, tentant de reprendre son souffle, il se voit aidé par celui qu’on nommera le metteur en scène qui vient écrire à côté de lui "O2", et un peu plus tard "H2O", afin qu’il fasse le plein d’oxygène et qu’il se désaltère un peu.

La suite sera un peu moins intéressante. En effet, comment mimer des termes comme "THOUGHTS", "SOME THOUGHTS", ou encore "SOME THOUGHTS NOW". On s’ennuiera un peu, jusqu’à un joli final du même type. Mais cette fin était aussi une manière de faire le lien avec The Show Must Go On et cette façon spectaculaire de faire du non-spectacle. Quoi qu’il en soit, nous serons présents pour The Show Must Go On 3, déjà prévu pour 2006.

Fabrice ALLARD
le 25/10/2004

À lire également

du 04/12/2002 au 06/12/2002
The Show Must Go On
(Centre Pompidou)
13/09/2012
Arnaud Rebotini / Christi
(Centre Pompidou)
06/12/2004
Matthew Herbert : Plat
(Centre Pompidou)
du 16/10/2002 au 06/01/2003
Sonic Process
(Centre Pompidou)