Thomas Bel

The Birds are still the Monarchs

(Annexia Rec)

 date de sortie

00/02/2009

 genre

Electronique

 style

Ambient / Glitch / Post-Rock

 appréciation

 écouter

A Gaze, complete

 tags

Ambient / Annexia Rec / Glitch / Post-Rock / Thomas Bel

 liens

Annexia Rec
Thomas Bel

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On ne sait pas grand chose de Thomas Bel, jeune homme mystérieux, à l’image de ses pages MySpace ou Virb d’un blanc immaculé, basé à Toulouse, photographe à ses heures (toutes les photos de pochette sont de lui) et donc auteur de la dernière production du label toulousain Annexia qui nous avait déjà fait découvrir dUX et Mondkopf. Apparemment Thomas œuvrait jusque là dans l’ombre, autoproduisant des albums et EP depuis 2005 qui lui permirent de poser ses bases sur de lentes plages de guitares légèrement traitées, parfois même une voix timide et feutrée.

En ayant écouté quelques uns de ses précédents travaux, on se rend bien compte que ce premier véritable album est dans la droite lignée de cette phase d’approche, mais aussi comme un aboutissement, le résultat d’une maturité acquise. Celle-ci se manifeste de différentes manières à commencer par une instrumentation plus riche, à l’image du Aubes qui ouvre magnifiquement l’album : sorte de mélodica pour commencer, percussions métalliques plus loin, effet d’oscillation sur une basse, et denses field recordings d’oiseaux, vent et rivière. L’ensemble révèle une mélodie timide qui apporte une fragilité, assez récurrente sur l’album.
On notera ensuite des constructions plutôt surprenantes, des pièces plus complexes, comme ces hésitations de piano sur Lend Lende, ces brusques changement d’orchestration après quelques craquements, un peu comme si le bras d’une platine vinyle avait changé de piste. Abordées de différentes manières, ces cassures inattendues donne l’impression par exemple que Tesse se termine au beau milieu de la 5eme piste. Nappes lancinantes sur la première partie, guitare épurée ensuite, Thomas Bel joue avec les contrastes et met en parallèle des composantes a priori opposées.
L’électronique prend également dans ce premier album une place prépondérante, mais tout en discrétion. Quelques effets, une basse et des nappes minérales sur Froids, mais ce sont surtout de fins cliquetis et craquements de vinyles qui parsèment l’ensemble de l’album.
Enfin la voix, déjà évoquée plus haut, fait son apparition à plusieurs reprises avec là aussi une approche un peu déviante, entre le chant et le récit de ses propres poèmes, d’une voix feutrée, limite éraillée (A gaze, complete ou encore le Negative Waters issu de sa dernière autoproduction, Entrelaces). Plus tard ces mêmes voix serviront d’accompagnement flottant, comme des choeurs se mêlant aux nappes de Die Linien des Herbstes.

The Birds are still the Monarchs est un album qui joue avec le temps, distendu de part ces silences, ce tempo alangui. Mais c’est aussi un album qui n’est pas immédiat et qui aura besoin qu’on lui laisse le temps de trouver sa place, d’écoutes multiples pour finalement se révéler indispensable à qui aura su écouter. Une approche véritablement contemporaine et fusionnelle de l’ambient, du post-rock et de l’electronica.

Fabrice ALLARD
le 14/04/2009

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