L’Enfant Froid

 auteur

Marius Von Mayenburg

 metteur en scène

Mikaël Serre

 date

du 22/01/2007 au 11/02/2007

 salle

Théâtre de la Bastille,
Paris

 appréciation
 tags

Marius Von Mayenburg / Théâtre de la Bastille

 liens

Théâtre de la Bastille

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Jeune dramaturge allemand proche de Thomas Ostermeier, Marius Von Mayenburg voit ses textes régulièrement monter en France également. Ainsi, écrit en 2001, L’Enfant Froid connaît déjà sa seconde mise en scène sur les planches françaises. C’est Mikaël Serre (qui avait déjà travaillé en 2004 sur Parasites, autre pièce de Von Mayenburg) qui officie cette fois-ci pour une pièce désireuse d’osciller entre farce grinçante et critique sociale.

Huit personnages vont évoluer de concert sur scène pendant la totalité de la pièce : père et mère, leurs deux filles d’une petite trentaine d’années, un couple du même âge et deux autres hommes qui vont se lier avec les deux filles. Cette large galerie, censée faciliter l’identification du public, va en vérité se déchirer, s’affronter et enchaîner les différends, se voulant l’écho d’une société déboussolée, perdant ses repères (familiaux, amoureux) et ne parvenant même pas à en édifier de nouveaux. En l’absence de véritable enjeu narratif (tout juste relèvera-t-on l’évolution de la relation entre les deux nouveaux couples évoqués précédemment), Von Mayenburg a tendance à se complaire dans une succession de scènes exubérantes dans lesquelles cris, vociférations et jets d’objets divers se taillent la part du lion, de manière souvent gratuite.

Dans le même temps, la mise en scène de Mikaël Serre peine à transcender ce qui pourrait apparaître comme une critique de la société actuelle en utilisant de nombreux codes (mobilier, couleurs, vêtements) plus proches des années 70 que de ce début de siècle. Trop fréquemment relégués au rôle de pantins, les comédiens ne peuvent alors que gesticuler et déblatérer des propos incohérents ou empreints d’une certaine vulgarité facile. Heureusement, quelques passages nous convainquirent davantage comme ceux autour du bébé d’un des couples, que l’homme n’a de cesse de protéger du froid malgré le landau dans lequel il repose avant que sa femme ne se saisisse de l’enfant pour en arracher les membres afin de démontrer à son compagnon qu’il ne s’agissait que d’une poupée. Cet effritement de la frontière entre théâtre et réalité aurait pu être le fil directeur d’un spectacle qui s’avère en définitive assez décevant car trop démonstratif.

François Bousquet
le 03/02/2007

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