De mes propres mains / Solo

 auteur

Pascal Rambert

 metteur en scène

Pascal Rambert

 date

du 19/03/2007 au 24/03/2007

 salle

Ménagerie de Verre,
Paris

 appréciation
 tags

Ménagerie de Verre / Pascal Rambert

 liens

Ménagerie de Verre

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Après en avoir monté une première version en 1993 aux Amandiers de Nanterre, jouée par Charles Berling, c’est à Kate Moran, fidèle de sa troupe de comédiens, que Pascal Rambert confie le soin d’interpréter De mes propres mains. Ajoutant le terme « solo » au titre original, le dramaturge et metteur en scène (qui nous avait enchanté il y a trois saisons avec Paradis (un temps à déplier)) indique d’entrée son désir de se placer entre théâtre et danse.

De fait, le court spectacle oscille entre les deux univers avec plus ou moins de bonheur. En effet, le texte ne dévoile ni enjeux, ni fil narratifs précis et se présente sans ponctuation, forçant le spectateur à attraper quelques mots çà et là, voire à se laisser noyer par ce flot indiscontinu de paroles, plutôt que de saisir pleinement le propos (la thématique du suicide est évoquée, ainsi qu’une aventure avec un dealer). En revanche, le travail sur le corps et l’espace se fait nettement plus convaincant, porté par une comédienne certes habituée du travail de Pascal Rambert, mais est ici sublimée.

Dans un espace confiné (quatre rangs seulement pour le public, un plafond très bas), la salle de la Ménagerie de Verre est plongée dans le noir absolu pendant les dix premières minutes de la pièce. Dans cette obscurité, perce alors la voix sonorisée de Kate Moran qui, par un astucieux jeu sur les enceintes, semble tourner autour du public. Alors que la comédienne s’est installée sur une table, quelques lampes s’allument laissant dévoiler des parties très précises de son corps (bras, jambe, dos). Lorsque toutes les lampes sont allumées, on perçoit alors la totalité de cette morphologie hybride : un corps féminin nu, affublé d’un sexe masculin et d’une barbe naissante. Renvoyant bien évidemment à une volonté d’universalisme du texte (joué par un homme il y a quatorze ans et par une femme aujourd’hui), ce transsexualisme maquillé se fait pourtant un peu trop démonstratif. Pour autant, dans le même temps, le dispositif prend sens, la table pouvant aussi bien apparaître comme une table d’opération que comme la vitrine d’un peep-show, renvoyant alors à cette double vision, clinique et érotique, de ce corps ondulant avec grâce. S’habillant avec lenteur, Kate Moran termine la pièce entièrement vêtue, mais avec des habits soulignant, là encore, l’asexualité du propos (jean, top impersonnel, pieds nus) et la capacité de Pascal Rambert à mettre en place un dialogue extrêmement précis entre texte et corps.

François Bousquet
le 24/03/2007

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