Balmorhea / Astrïd

 date du concert

03/05/2009

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Astrïd / Balmorhea / Cyril Secq / de bruit et de silence / Instants Chavirés

 liens

Instants Chavirés
de bruit et de silence
Balmorhea
Astrïd

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Conquis d’une part par l’album de Balmorhea il y a quelques semaines, et par les quelques titres sur le MySpace d’Astrïd d’autre part, EtherREAL faisait le déplacement jusqu’à Montreuil afin de retrouver la structure de bruit et de silence, absente depuis environ un an et l’affiche Greg Haines / Rafael Anton Irisarri dans cette même salle.

C’est vers 20h15 qu’Astrïd prend place sur scène. Étrangement, on n’avait jamais vraiment parlé de ce quatuor français, déjà auteur de deux albums (dont le double &, sorti l’an dernier) chez Arbouse Recordings, tout juste avait-on évoqué leur participation à la compilation Bucolique vol.2. Sur scène, Astrïd se présente sous une formation guitare/clavier/cuivres/batterie, avec au gré des morceaux quelques changements d’instruments en particulier pour voir apparaitre un violon.
On sera un peu surpris de voir notre titre préféré ouvrir le concert, puisque c’est avec le magnifique Low Blues que le groupe débute son set, une sorte d’ambient abstraite largement dominée par une guitare acoustique qui délivre des mélodies rares mais sublimes. Si l’on est un peu moins fan de la guitare électrique qui apparait ensuite, on remarquera que les autres instruments, tous dosés avec justesse et laissant une large place aux silences, se marient à merveille, se relayant ou soulignant délicatement leurs propos respectifs, généralement contenus mais pouvant aussi laisser éclater une certaine énergie rock. Pendant le concert on pensera d’une part au post-folk contemporain des Clogs et d’autre part aux Rachel’s pour cette espèce de musique classique contemporaine composée avec un esprit rock. Une excellente prestation qui nous donna envie de rattraper notre retard en achetant les deux albums du groupe.

Le temps d’un changement de plateau conséquent (un piano à queue est mis en place, contrebasse et violoncelle occupent une bonne partie de l’espace) et les six membres de Balmorhea s’installèrent sur scène. Comme sur le récent All Is Wild, All Is Silent, on releva une étonnante capacité à alterner passages quasi néo-classiques (avec le seul piano de Rob Lowe et les cordes), moments proches d’une forme de free jazz (cordes pincées et cymbale typique), inflexions folk (banjo et guitare acoustique pour des mini-tubes comme Coahuila) et sensibilités post-rock (longs instrumentaux contenant des périodes de tension). Précisément, on pourrait regretter que ces dernières ne durent un peu un plus, ne profitent pas davantage de l’emballement qu’elles créent et de la fougue générée par la superposition des instruments ; néanmoins, il faut ici saluer la volonté du sextet texan de ne pas aller vers une facilité que l’on reproche trop fréquemment à d’autres formations du genre.
Le groupe apparemment surpris par le silence quasi religieux de l’auditoire semble être à la fois heureux d’avoir un public attentif, mais aussi inquiet, se demandant si leur musique nous plaisait. Après une heure de concert ils quittent la scène et vont se réfugier dans les loges où ils ne resteront pas longtemps vu les applaudissements qui les rappelaient. Deux morceaux plus tard, la prestation de Balmorhea se termina par des vocalises (réalisées par les trois musiciens dévolus aux cordes rejoints par Michael Muller qui avait alors lâché sa guitare) et des applaudissements nourris et mérités. Pleine confirmation donc de nos très bonnes dispositions à l’égard d’un groupe qui nous avait déjà largement séduits sur disque.

Fabrice ALLARD, François Bousquet
le 08/05/2009

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